Barbelés

L'architecture de la peur.

Il y a des jours, parfois, où on se demande si on n'est pas un peu à côté de la plaque, finalement, à cultiver le marginalisme et le contre-courant.


Prenez le problème de l'évolution urbaine autour de Paris en général, et à Trappes en particulier. Cet urbanisme petit bourgeois  qui hérisse nos villes de grilles, de grillages et de barrière à perte de vue, ce serait ça, alors, le progrès social ? Ceux qui osent critiquer la sainte érection de poteaux et piquets qui nous tient lieu depuis une dizaine d'années de politique urbaine passent pour des malades ou des extraterrestres.

Il en va des tendances en matière d'urbanisme comme de toutes les modes : on ne peut pas y échapper. C'est tellement naturel que ça ne souffre même pas le doute. Un peu comme l'allongement de la durée du travail pour financer les retraites, la transsubstantiation de l'hostie et du vin en corps et sang du Christ ou la vénération de l'oeuvre artistique de Johnny Hallyday... C'est un dogme.

Et puis un jour, au détour d'une onde radiophonique ou d'un clic de souris, on découvre qu'on n'est pas seul, que d'autres, ailleurs, ont eu aussi des pensées "sacrilèges" et mettent des mots sur les concepts qu'on tentait maladroitement de formaliser dans son coin. On fait ainsi des découvertes qui confinent à la révélation...

Vous trouverez ici une chanson, à écouter en boucle au casque, qui concerne les chanteurs inoxydables et garantis 50 ans. , c'est d'urbanisme qu'il s'agit, sous la plume de l'architecte Jade Tabet pour la revue "Les Annales de la recherche urbaine". L'auteur a décrypté pour nous, en 1998, les discours et les pratiques en vogue dans les opérations de requalification urbaine. On apprend que des auteurs américains ont donné un nom , il y a trente ans, au style architectural que nous voyons mis en oeuvre à Trappes depuis 10 ans : l'architecture de la peur...

On reviendra bientôt confronter les projets urbains de la municipalité malandainiste à la grille de lecture des opérations de résidentialisation proposée par Jade Tabet.

Le 5 mai 2008.