C'est
arrivé près de chez vous ?
Samedi 18 novembre ont eu
lieu à Trappes des élections pour le
renouvellement des
membres des comités de quartier. Les membres
élus, ça
va de soi. Parce que les comités, à Trappes,
comptent
au moins autant de membres non élus que de membres
élus.
En effet, si on enlève les membres de droit (?), les membres
désignés par le maire, et les très
rares votants
à qui on a demandé de siéger lors du
scrutin
parce qu’on manquait de candidats, il ne reste plus grand
monde. Il
ne fallait donc pas s’attendre à une grande
impertinence de
la part des comités vis-à-vis des
représentants
municipaux. Les parlements de l'Ancien Régime devaient
ressembler un peu à ça...
Mais tout de même,
il faut rendre justice au maire de Trappes : la loi n’impose
l’instauration de ces comités que dans les villes
de plus de
80 000 habitants. Rien ne l'obligeait donc à organiser ce
scrutin, même s'il en avait grand besoin dans son fameux
dossier de renouvellement urbain, pour prétendre qu'on fait
participer les habitants de Trappes à la prise des
décisions
importantes pour la ville. Et là où la
constitution de
comités est obligatoire, les modalités de son
organisation sont laissées à
l’appréciation
des autorités locales.
Pourtant, la démocratie,
obligatoire ou non, doit tout de même respecter quelques
règles
élémentaires. L’une d’elles
voudrait que,
quand on
organise des élections, le service minimum en
matière
de transparence consiste à en publier rapidement les
résultats. Rapidement, et pas dans un prochain
numéro
non déterminé de la feuille municipale mensuelle.
Sinon, c'est louche ! Des langues de vipères mal
intentionnées
pourraient raconter qu'on s'est donné le temps de triturer
des
résultats dérangeants pour les rendre
présentables.
Et on aurait encore droit à une cinglante mise au
point du
maire, du genre de celle, très
pontificale, du
dernier éditorial de Trappes Aujourd'hui : "j’entends
ou lis sur ce sujet des déclarations qu’il me
paraît nécessaire de rectifier"...
Pour l’instant, en
ville, il ne semble pas que la démocratie locale version
Malandain déchaîne les passions. On comprend les
trappistes : le maire s'est plutôt montré adepte
de
l'autocratie et de l'opacité dans le fonctionnement du
Conseil municipal depuis le début du mandat, alors personne
n'attend grand-chose de ses comités. Les candidats n'avaient
pas l'air de se bousculer pour participer avant le scrutin, ou alors
ils tenaient à rester discrets. Mais, qui
sait ? Le battage un peu désespéré de
la
communication municipale (et de quelques fidèles auxiliaires
associatifs) sur le sujet ces dernières semaines aura
peut-être eu raison des réticences des citoyens
locaux.
Il aura peut-être suscité des dizaines de
candidatures
et des votes par milliers (n'oublie pas
mes petits souliers).
On ne demande qu’à être
étonné, et on attend avec impatience la
publication des
résultats de samedi dernier, avec un tableau
récapitulatif
du précédent scrutin. On pourra ainsi mesurer la
montée de la popularité de la
municipalité et
l'ampleur du succès de sa politique auprès des
habitants.
Le 21 novembre. 2006