Accueil
Dossiers locaux
Liens
Liens
Contact
Merci qui ?12/2008
Trappes à démocratie11/2008
Trappes en Illinois11/2008
Trappes en Finistère09/2008
Les visiteurs09/2008
Trappes en limousine07/2008
Corée du Nord06/2008
Archi de la peur 206/2008
Train de retard 06/2008
Archi de la peur 05/2008
Calculs politiques 04/2008
Nouveau Conseil 03/2008
Hic laïque 2 12/2007
Nuit gravement à la santé politique 12/2007
Hic laïque 12/2007
11ème commandement 09/2007
Les Portes de Chevreuses. 06/2007
Une autoroute écologique 03/2007
Les affinités électorales 03/2007
Le bras long... 02/2007
Tintin au Congo 01/2007
C'est arrivé près de chez vous ? - Suite 12/2006
C'est arrivé près de chez vous ? 11/2006
Veni vidi VINCI 11/2006
Bientôt un an 10/2006
Rentrée politique 09/2006
l'Empire contre-attaque 06/2006
And the winner is... 05/2006
Une autre idée de la politique ? 05/2006
Au secours : Pompidou revient ! 03/2006
Fourgous 0 – 0 Malandain 02/2006
Blues de l'A12 01/2006
Une ville comme les autres 12/2005
Jésus laïque ? 12/2005
On ne peut pas tout avoir 11/2005
La République des vieux cons 11/2005
Solennellement ! 11/2005
Trappes Change... 10/2005



Les billets ayant un rapport direct avec des élections sont rangés dans des "dossiers locaux".


Merci qui ? Merci Trappes-en-ligne !

Tous les jours ou presque, on relève des attaques contre la légitime liberté d’expression citoyenne sur le web, comme ici ou . En cette fin d’une année funeste pour la liberté de parole à plus d’un titre (de journal...), il n’est peut-être pas inutile de s’interroger sur l’utilité d’un web local, libre et irrespectueux des dogmes politiques comme du dérisoire culte des personnalités. Eh bien, sur Trappes en ligne, on a sans doute pris le melon, car on ne craint pas de prétendre que, dans quelques dossiers importants de la vie locale, on a eu une influence positive décisive !

Un exemple ? La laïcité.

Oui, absolument ! Un thème central de la réflexion malandainiste, et la source du rayonnement international du maire de notre bonne ville ! Pas moins.

Souvenez-vous : avant les billets de Trappes en ligne sur le sujet, on fêtait les Rois Mages à Trappes. On organisait des "fééries de Noël" dans la mairie, et on offrait un "repas de Noël" à nos enfants dans les cantines de l’école de la république. Où, ailleurs que sur Trappes en ligne, s’est-on ému de ces attentats caractérisés à la neutralité religieuse ? Qui d’autre a essayé d’arracher leur faux nez laïc aux socio-démocrates-chrétiens locaux, qui ne voulaient pas abandonner le concept d’héritage chrétien de l’Europe à l’ultra droite du Parlement européen ? Mais dénoncer ne servirait  à rien si rien ne changeait. Et bien le résultat est là : les fééries ont été déchristianisées dans le dernier numérro de la feuille municipale et sur les affiches, pour devenir simplement "les fééries de Trappes". Quant au repas du Christ, il est devenu "repas de fin d’année". Y voir un simple hasard serait faire preuve d'une grande naïveté...

Continuant à ne douter de rien, on prétend que Trappes en ligne a exercé une influence également sur l’opposition. Prenez le dossier du renouvellement urbain, par exemple. Toujours dans le dernier bulletin municipal, les élus de Dominique Dubuisson s’expriment, conformément à la loi et aux principes élémentaires de la démocratie. Et ils réclament, pour l’année à venir, des pistes de travail qui ont été ouvertes sur Trappes en ligne il y a plusieurs années, comme le développement des voies cyclables. De Même, les élus de Dubuisson reprennent l’idée lancée ici, selon laquelle le recouvrement partiel de la N10 favorisera le trafic routier au lieu de le réduire, avec toutes les conséquences néfastes à prévoir sur la sécurité et l’environnement.

La satire, la caricature, l’humour et la dérision ont fait plus que la compromission stérile de certains qui prétendent agir utilement en participant à la majorité de Malandain. En tout cas, on y croit !

Oh, bien sûr, la méthode a des limites. Il y a en effet un domaine sur lequel on n’a rien pu faire bouger, et pour lequel toute tentative d’intervention semble vouée à l’échec : celui de la démocratie locale. On a eu beau réclamer la transparence sur l’élection des comités de quartier depuis des années, rien n’y a fait. Le compte rendu du scrutin de cet automne dans la feuille municipale est un modèle de littérature officielle soviétique ! Tout ce qu’on apprend, c’est que 104 habitants ont été élus sur 123 candidats, et que la participation est supérieure à celle de la fois précédente dans plus de la majorité des comités, mais qu'elle reste faible... On dirait un communiqué de presse du PC chinois ! La participation ? Les résultats détaillés ? Surtout pas, Malandain en mourrait !

Imaginez qu’on traite un scrutin officiel de la même manière. On crierait au coup de force ! On descendrait dans la rue, et on défendrait la légitimité de l’insurrection populaire ! On en appellerait à l’ONU, peut-être... Qui peut penser qu’en République on organise un scrutin sans en donner les résultats, à part Guy Malandain ? Même les dictateurs donnent des chiffres, voyons ! Comble du ridicule pour le maire, c’est l’opposant Dubuisson qui nous dévoile, dans le journal municipal, le nombre des votants : 346. Moins que le nombre des employés municipaux résidant à Trappes ? Pas moins que le nombre des lecteurs de Trappes en ligne, tout de même ?

Faut voir...

Le 10 décembre 2008.




Trappes-à-démocratie...

Si on en croit la rumeur, alimentée par quelques témoins plus ou moins douteux, elles étaient bourrées deux soirs de suite, la semaine dernière. Le vendredi, d'accord, on a l'habitude... Mais là, elles avaient commencé le jeudi. C'est plutôt fort ! La faute à l'arrivée du Beaujolais nouveau ? Pas du tout. Vous n'y êtes pas.

On parle des urnes. Celles du PS. Pour l'élection du premier secrétaire.

Triste spectacle, pas vrai ? Mélanchon qui a quitté le parti avant le congrès et tous ceux qui l'ont suivi pour aller fonder le Parti de Gauche ont bien fait, dites donc. Quoi qu'ils deviennent, ils auront au moins échappé à ça, et ils auront gardé une certaine dignité qui fait honneur au militantisme politique. C'est pas comme d'autres, moins scrupuleux...

Remarquez, des urnes trop pleines, on en connaît deux que ça doit faire rêver : le maire Guy Malandain et Gendron son fidèle adjoint. Ces deux-là auraient plutôt tendance à les vider, comme on a pu le voir au dernières municipales. Élus au premier tour par un quart des électeurs inscrits, faudrait vérifier mais... ça doit constituer un record de plongée en eau saumâtre ! Au moins au niveau départemental. Avec eux, l'urne n'est même pas funéraire, c'est un vortex à bulletins de vote ! Le trou noir de la démocratie !

Difficile de faire pire, et pourtant... On n'a pas encore les résultats des élections aux comités de quartier organisés par la ville de Trappes le 15 novembre... Les comités de quartier, ça devait être des instances de participation des habitants à la vie municipale. C'est parti en vrille avant même de commencer ! Juste le temps que les habitants apprennent à connaître Guy Malandain et sa fine équipe... Lors du renouvellement des premiers comités, il y a deux ans, la participation avait été tellement faible que les rares votants s'étaient vu proposer, pendant le scrutin, un siège au comité ! On imagine la scène : "Y'a que vous qu'ça intéresse, dans le quartier. Alors z'avez qu'à voter pour vous, et venir siéger !"

Les élections de novembre 2008 auront-elles été plus sérieuses ? Faut voir... En tout cas, la municipalité a mis le paquet : investissement total des alliés supposés communistes de Malandain, banderoles géantes déployées sur la mairie, recrutement de personnel pour l'association des pseudo présidents de comité de quartier... Cette fois on s'est mis à l'abri du fiasco, c'est sûr !

Et même si personne n'est venu voter, ça n'est pas trop grave. Les apparences seront sauves : la ville aura fait participer ses habitants au renouvellement urbain. Si ça ne les intéresse pas, tant pis ! Et ce ne sera pas la faute au maire ! Et puis l'avant garde communiste de la conscience de classe locale et le cercle des brillants humanistes éclairés de la suite de Malandain sauront prendre à la place des trappistes les bonnes décisions qui s'imposent pour leur ville.

La République française, après tout, c'est un système politique représentatif, pas participatif. Ne nous égarons pas !

Le 24 novembre 2008.




Trappes-en-Illinois.

Un formidable vent de bouleversements a balayé les continents ! Une marée d'espoir a traversé les océans sur toute la planète ! Et finalement, Barack Hussein Obama a gagné les élections pour la présidence des Etats-Unis d'Amérique ! Jusqu'au dernier moment, on aura douté avec une certaine incrédulité de la possibilité d'une telle révolution. Mais c'est arrivé.

Pour qui on se prend, sur Trappes en ligne, à commenter des évènements de politique internationale ? On est sur un web local, non ?
Et alors ? Vous n'avez pas remarqué le subtil rapport entre l'élection du président des États-Unis et la vie politique de notre petite cité de France ? Regardez-y de plus près : une élection au suffrage indirect, un antique vétéran de la politique d'autrefois, et d'une guerre néo coloniale qui laissera des plaies ouvertes pendant des décennies... Un jeune politicien noir originaire d'Afrique orientale... Ça ne vous dit toujours rien ? Mais si, bien sûr : la rivalité entre Guy Malandain et Safia Otokoré pour les sénatoriales de 2011 !
On délire ? Pas si sûr...

Voyons les protagonistes, d'abord.
Pourquoi Malandain serait-il le "républicain" de l'histoire plutôt que le "démocrate", pour commencer ? Et bien depuis le temps qu'il nous sert ce mot à toutes les sauces ("gauche", ça ferait peur à SON électorat si conservateur), ça lui fera les pieds de le porter comme étiquette politique ! Et puis, démocrate, ça lui va comme un gant sur la tête d'un crapaud... La guerre, c'est celle du Golfe, la première, qu'il a approuvée alors qu'il était député. Celle de George Bush premier du nom, le père de l'autre. Comme le perdant John Mc Cain, Guy Malandain se targue d'avoir une grande expérience des affaires publiques nationales. Et comme au premier, on peut objecter qu'il a commis surtout des erreurs, fait de mauvais choix pour ses concitoyens durant toute sa carrière, et qu'il incarne le passé.
Comparer Safia Otokoré à Obama, c'est pas un peu trop ? On joue sur le registre du symbole, ne l'oubliez pas... Et puis, au-delà des origines géographiques vaguement comparables (la côte orientale de l'Afrique, c'est tout de même long...), c'est un fait qu'elle a représenté un espoir pour de nombreux électeurs lors des dernières législatives. A tort ou à raison, on verra bien. Pareil pour Obama, d'ailleurs... C'est une femme, elle est jeune, comparée au maire de Trappes, en tout cas, et elle est noire. En France, plus encore qu'aux Etats-Unis, c'est un profil très atypique pour faire de la politique. Mais aux législatives, dans la 11ème circonscription des Yvelines, elle a fait un score dont peu de parieurs l'auraient créditée quelques mois plus tôt.

Le scrutin, ensuite.
En 2011, on renouvelle un tiers du Sénat. Notre département est concerné, et donc le siège de Catherine Tasca, élue de notre circonscription est à pourvoir. Les sénateurs français, comme le président américain, sont élus au suffrage indirect. Ça tombe bien pour Guy Malandain qui n'a été élu que par un quart des électeurs inscrits aux municipales, et que les sondages avaient écarté de la course à l'investiture socialiste pour les législatives. Vous n'avez pas voulu de lui pour vous représenter à l'Assemblée Nationale, chers concitoyens ? Et bien il n'aura pas besoin de vous pour aller se représenter lui-même au Sénat ! Le bon vieux grenouillage politique franchouillard fait très bien l'affaire, dans ce contexte. Et le grenouillage, Guy Malandain, il connaît !
Mais il y a un hic : le mode de scrutin a été révisé pour améliorer la mixité des genres à la "Haute Assemblée". Il intègre la proportionnelle de liste dans les départements qui élisent quatre sénateurs et plus. C'est le cas dans les Yvelines. La proportionnelle de liste, ça signifie qu'il faut figurer sur une liste pour être élu. Pas moyen de se présenter tout seul, en indépendant. Et ça la foutrait quand même assez mal de remplacer une femme par un homme alors que la réforme vise à atteindre un meilleur équilibre. On voit donc mal comment le PS pourrait accorder son investiture à notre maire, d'autant qu'il n'est pas particulièrement aimé par les dirigeants du parti. Lui-même, il faut dire, n'aime le PS que lorsque celui-cil sert ses intérêts personnels. Quand ce n'est pas le cas, il l'appelle dédaigneusement "ce parti".
Bref ! Socialistes yvelinois, vous avez un choix historique à faire d'ici 2011 : proposer au grands électeurs pour représenter nos collectivités au Sénat, un Guy Mc Cain, ou une Safia Obama ! Saurez vous sentir dans quel sens souffle le vent de l'Histoire ? Bien sûr, de la même manière qu'on ne nous demandait pas notre avis pour les présidentielles américaines, on n'aura pas de conseil à vous donner...

Il est vrai que Malandain n'a pas publiquement annoncé qu'il briguait le mandat. Mais on sait bien qu'il est toujours sur les rangs pour assumer "son destin national". Son dernier édito sur la feuille municipale ne trompe pas : il s'y mêle discrètement de politique nationale, comme pour nous laisser penser qu'il est de taille à jouer un rôle plus important que celui de maire de notre pauvre ville. Il avait fait la même chose lorsqu'il avait tâté le terrain avant le départ de la dernière course à l'Assemblée, en s'en prenant ouvertement au député en poste, Jean-Michel Fourgous. Quant à Safia Otokoré, on ne sait pas si elle est candidate. Et bien ça y est : elle l'est ! Safia, si vous nous lisez, sachez que vous briguez dorénavant un siège au Palais du Luxembourg ! Vous avez reçu l'investiture de "Trappes en ligne" !

Pouvons nous commencer à rêver au jour où nous cesserons, nous aussi, d'avoir honte de nos représentants ?

Yes we can !

Le 5 novembre 2008.




Trappes en Finistère.


Sur le pont Cachin, offerte au regard des automobilistes qui traversent la ville par la N10, une banderole annonce que des élections aux comités de quartier de Trappes auront lieu en novembre.

Cet endroit saugrenu sert de panneau d'affichage géant à la mairie, occasionnellement. Le procédé permet aussi sans doute de rappeler notre maire au bon souvenir des militants socialistes des Yvelines, en prévision des sénatoriales partielles de 2010. "Regardez comme j'en fait des tonnes dans Ma ville !", semble clamer l'étandard géant élevé... Il se peut aussi que Malandain se serve du pont pour y "punaiser" ses pense-bêtes personnels, puisqu’il passe dessous tous les jours pour rentrer chez lui par la nationale, là-bas, loin de Trappes. Un peu comme nous avec nos magnets sur le frigo...

En tout cas, on comprend sans peine que la mairie s’inquiète de la participation à ce scrutin de second ordre. Quand on sait que la "majorité" locale n’a été élue en mars 2008 que par un quart des électeurs inscrits, on se dit qu’elle peut redouter le pire. Et la précédente élection des comités, il y a deux ans, avait été un tel fiasco que les chiffres de la participation étaient restés soigneusement planqués dans un sombre placard municipal.

Notre maire accorde une importance capitale à notre avis sur "ses" grands travaux chez nous. La preuve ? C'est écrit dans les documents cadres des contrats passés entre la ville et l’Etat pour la période 2007 - 2008. Il faut dire que la participation des habitants est une "figure imposée" du cahier des charges pour l’obtention de subventions dans le cadre du renouvellement urbain, comme pour tous les dispositifs de la Politique de la Ville. Pas d'participation, pas d'pognon ! Elle est donc prévue dans le contrat de cohésion sociale de Trappes, familièrement appelé "CUCS", qu'on peut se procurer sur le site du secrétariat d'Etat à la Ville.

La lecture de ce document est très instructive, même si le jargon dont il est composé s'avère rapidement crispant. On aurait volontiers essayé ici de faire une petite analyse des programmes et projets qu’il présente. On avait même commencé mais, par hasard, un petit exercice de comparaison avec d’autres villes – le benchmarking est à la mode – a révélé un fait étrange : le document présente de troublantes similitudes avec celui de...  Brest ! On le trouve sur le site de la mairie concernée. On a donc creusé un peu de ce côté-là. D’abord, le jargon est rigoureusement le même, mot pour mot. Mais on pouvait s’y attendre : c’est le "milieu" du développement social qui veut ça... Ceci dit, on ne s'y habitue pas. Ça surprend toujours, ce mélange de colonialisme rationaliste dans la grande tradition saint-simonienne, et de prêchi-prêcha à la mode des Pères Blancs. Pour savoir ce que ça donnerait avec le son, imaginez-vous le croassement d'une grenouille de bénitier qui aurait fait l'Ecole des Ponts et Chaussées... Parfois, le bla-bla ne veut manifestement rien dire du tout. Mais pour palper les tunes, il faut pisser de la copie ! Le nombre de pages, ça compte aussi...

Ensuite, on retrouve des "priorités" ou "préconisations" identiques dans les deux textes. C’est déjà plus inquiétant, parce que ça relativise le caractère singulier de la politique menée ici, et donc fatalement sa portée : la fameuse politique urbaine et sociale de Malandain,  finalement, c'est la politique de tout le monde.
Dans le tableau qui suit, jouez à retrouver les "similitudes" :

CUCS de Trappes

CUCS de Brest

P 211
"1. HABITAT ET CADRE DE VIE
Une mobilisation des politiques d'aménagement urbain et d'habitat au service d'une amélioration de la qualité résidentielle des quartiers de la ville et de la diversité sociale"
Table
"Les domaines prioritaires d’intervention
1. Une mobilisation des politiques d’aménagement urbain et d’habitat au service d’une amélioration de la qualité résidentielle des quartiers prioritaires et de la diversité
sociale des territoires de l’agglomération."
P229
"a) Faciliter l'autonomie sociale des jeunes
Dans cette perspective, il semble pertinent de dissocier les 11/15 ans des 15 ans et plus, dont les besoins d'autonomie sont différents.
Ces différences génèrent des modes de prise en charge également différents.
Pour autant, les enjeux d'intervention sont les mêmes:
- promouvoir les situations permettant aux jeunes de prendre leur place dans la vie de la cité, une cité ouverte et bienveillante
- valoriser la capacité de création des jeunes et favoriser leur engagement social, soutenir leurs pratiques artistiques et sportives,
les ouvrir à d'autres pratiques, soutenir leurs projets individuels et/ou collectifs"
P19
"Faciliter l’autonomie sociale des jeunes par le renforcement de l’action éducative. Dans cette
perspective il apparaît judicieux en règle général de dissocier les 12–15 ans des 16 ans et plus, dont les
besoins d’autonomie sont différents et les modes de prise en compte également. Pour autant les enjeux
d’interventions sont de même nature :
Promouvoir les situations permettant aux jeunes de "faire société" et de prendre part à la vie de la
cité ; une cité plus ouverte, plus accueillante pour les jeunes ;
Valoriser la capacité de création des jeunes, la soutenir et la valoriser dans les différents domaines :
culturel, engagement social, création d’activités et ou d’entreprises…
Poursuivre la réflexion pour améliorer l’accueil éducatif des jeunes aux diverses échelles territoriales."
P217
"Il s'agira donc de :
Conforter et renforcer sur certains quartiers une plus grande mixité sociale
assurer aux habitants un bien-être au quotidien : qualité et accessibilité des services, vie sociale, gestion urbaine de proximité, sécurité. Des quartiers de la commune nécessitent que soit assurée une veille attentive et mises en oeuvre des améliorations physiques et de gestion.
Assurer une écoute et un accompagnement social des habitants en rapport avec leurs besoins notamment en matière d'accès aux droits, d'éducation, d'insertion sociale, d’accès à l'emploi, …
Renforcer l'implication et les initiatives des habitants. La participation des habitants à la vie de la cité constitue dans ce cadre une condition transversale de réussite du projet."
P11
"Les priorités d’intervention sur les micro-quartiers, sont en règle générale de 3 ordres :
assurer aux habitants un bien-être au quotidien dans les quartiers : qualité et accessibilité des
services, vie sociale, gestion urbaine de proximité, sécurité ; les quartiers brestois présentent peu de
disfonctionnement en la matière mais nécessitent tout de même d’assurer une veille attentive et
d’accompagner quelques améliorations.
assurer une écoute et un accompagnement social des habitants en rapport avec leurs besoins, notamment en matière d’éducation, d’insertion sociale, d’accès à l’emploi; assumer si nécessaire une mise en oeuvre différenciée des politiques publiques, un choix d’intervention en développement social à même aussi de renforcer l’implication et les initiatives des habitants ; malgré le bon maillage des quartiers, les principes et pratiques d’intervention actuels laissent une bonne marge de progression en la matière.
engager sur certains quartiers des actions de transformations urbaines et sociales au service de la diversification des fonctions internes, mais aussi de ses relations à la ville, et d’une plus grande mixité sociale ; cet axe correspond au prolongement d’opérations déjà engagées mais aussi à la préparation d’opérations nouvelles.
Les deux premiers sont valables pour tous les quartiers prioritaires mais ils ne demandent pas obligatoirement les mêmes efforts pour y parvenir, ni les mêmes priorités sur les thématiques à travailler. Les enjeux de transformations, quant à eux, ne s’appliquent pas à tous, surtout sur une période de 3 ans (cartographie en annexe)."

Bon, jusque là, rien de dramatique ! Du reste, si vous avez lu le texte de l'architecte Jade Tabet que Trappes en ligne vous a proposé en mai dernier, vous n'êtes pas surpris. A propos de la concertation dans les programmes de requalification urbaine, J. Tabet remarquait :

"Cette procédure immuable, qui s’apparente presque à un rituel, vise à assurer l’adéquation du projet aux besoins des habitants et des usagers. Une première constatation nous permet cependant de mesurer l’efficacité réelle de ce type de procédure par rapport à l’objectif avoué : l’examen d’un échantillon de rapports de présentation se rapportant à des ensembles urbains aussi différents que les HBM de la petite ceinture, les grands ensembles des années 50 ou les constructions sur dalles des années 60, montre une similitude troublante dans la définition des problèmes, l’appréciation des dysfonctionnements et les solutions proposées pour y remédier. Cette indifférenciation par rapport à la diversité des situations n’indique-t-elle pas une tendance à la globalisation des problèmes et un manque d’attention à la spécificité des conditions particulières à chacun des cas étudiés ?"

Mais entre le CUCS de Trappes et celui de Brest, ce n'est pas seulement de similitude qu'il s'agit. C'est de copier-coller pur et simple. Et cela concerne aussi... le diagnostic territorial ! Pourtant, on nous annonce du sur-mesure, du cousu main, et élaboré avec l'aide et la participation active de partenaires choisis, s'il vous plait :
"Le contrat urbain de cohésion sociale de Trappes s'adosse à un diagnostic établi par les partenaires institutionnels (services déconcentrés de l'Etat, Conseil Général, CASQY, bailleurs, notamment) et associatifs locaux. Ces partenaires ont pu partager les données dont ils disposent au cours de réunions thématiques ("habitat et cadre de vie"; "éducation, santé et citoyenneté"; "emploi, insertion, développement économique") organisées dans la phase préliminaire à l'élaboration du présent contrat. Ils ont ainsi pu préciser, ensemble, les objectifs à atteindre, assortis d'indicateurs permettant de définir les actions au service de ces objectifs. L'analyse de ces données, quantitatives et qualitatives, constitue le socle du diagnostic local et fait apparaître les forces et faiblesses de la commune." Le résultat ? Jugez plutôt :


CUCS de Trappes

CUCS de Brest

P 215
"- Un engagement de tous dans l'éducation et le soutien à la formation des enfants et des jeunes, qui profite aux publics les  plus fragilisés.
- Un développement économique dynamique sur le long terme"
P 5
"Un développement économique dynamique sur le long terme malgré des transformations lourdes,
des soubresauts liés à l’évolution de l’activité industrielle (réparation et construction navales et agroalimentaire),
une attractivité résidentielle du pays de Brest qui contribue au développement de l’emploi.
Un engagement de tous dans l’éducation et la formation des enfants et des jeunes qui profitent  aussi aux plus démunis (taux de réussite aux examens mais aussi suivi des évaluations scolaires).
P 216
"Des faiblesses et fragilités
- Des poches de précarité et l'absence de mobilité d'une partie de la population
- Une population jeune nombreuse sur la ville, pour laquelle l'accès à l'emploi mais aussi l'autonomie sociale ne va pas de soi
- Des difficultés d'intégration pour une partie de la population trappiste car elle ne connait ni la langue française, ni ne maîtrise le système et les codes sociaux de la société civile.
- Des femmes isolées avec enfants, se repliant dans leur détresse
- Des parents en difficulté avec leurs enfants, l'autorité parentale est souvent malmenée.
- La dynamique du marché du bassin d'emploi ne profite pas à tous de la même manière; la discrimination est mise en évidence dans de nombreux diagnostics locaux.
- L’accès à l'éducation et aux savoirs est difficile pour une partie de la population
- Le vivre ensemble dans la ville est parfois mis à mal, avec des réactions de repli et de rejet de l'autre dans sa différence.
- La pauvreté cumulée avec l'isolement, le mal être, l'exclusion concernent une part de la population qui ne perçoit plus les perspectives d'amélioration possibles."
P 5
"Pour autant des faiblesses ou fragilités qui se situent surtout dans l’organisation infra du bassin de vie  et la dynamique urbaine proprement dite :
- La répartition spatiale de la pauvreté, malgré les efforts de rééquilibrage, se fait dans un contexte de persistance, voire d’accentuation des fonctions sociales de certains territoires, dans l’agglomération mais aussi en infra de la ville centre sur certains quartiers.
L’accès à l’emploi mais aussi à l’autonomie sociale d’une partie de la population jeune ne va
pas de soi. Cette population est nombreuse sur la ville centre. Ce phénomène n’est pas propre à Brest  par rapport à d’autres villes. Il n’en reste pas moins que la diversité des problématiques vécues par  nombre de ces jeunes met la ville et son agglomération dans une responsabilité particulière vis-à-vis des plus en difficulté.
La dynamique du marché local de l’emploi ne profite pas à tous de la même manière. Les statuts et revenus dégagés par les emplois les moins qualifiés renforce la précarité et la pauvreté : présence forte de temps partiels chez les femmes particulièrement, augmentation des bas revenus chez les actifs.
L’accès pour tous à l’éducation, aux savoirs, y compris dans le cadre scolaire se fragilise, entre
autre du fait de la pression sur les familles et des effets de l’organisation spatiale résidentielle. Au-delà de l’enfance, les besoins de reconnaissance et de mobilisation des compétences sont particulièrement vifs pour les adultes en retrait de la vie professionnelle et sociale.
La pauvreté cumulée avec l’isolement, le mal être, le retrait durable de l’emploi et de la vie
sociale, concernent une part de la population qui durablement ne perçoit plus les perspectives d’améliorations possibles.

On connaissait les liens qui unissent  Trappes et une partie de sa population à la Bretagne, mais on n'imaginait pas que la marque celte était si profondément imprimée dans la ville, au point qu'on puisse la confondre avec Brest ! Si au moins ça pouvait nous amener la mer à Trappes... Cherchez bien dans les textes, vous trouverez d'autres "ressemblances". Vous croyez toujours, après avoir lu ça, que la politique menée à Trappes par Malandain et sa "majorité" est mitonnée aux petits oignons tout exprès pour vous ? Vous pensez encore que votre avis est respecté et qu'il peut intéresser quelqu'un dans cette mairie ? Si oui, alors élisez des représentants aux comités de quartier de Malandain en novembre. Mais si vous avez des remarques constructives à faire concernant le renouvellement urbain dans votre quartier, vous pouvez tout aussi utilement en faire part directement au maire... de Brest !

Le 18 septembre 2008.




Les visiteurs.

Que fait la police ? Non, vraiment, on se l'demande, ma pôv' dame !

Jean-Yves Gendron, notre deuxième adjoint au maire – dit "Jean-Jean la Chignole" - les avait poutant prévenus, dans sa "lettre du maire" de juillet signée par intérim et immortalisée sur un nouveau blog non officiel : ça cambriole à Trappes, pendant les vacances. Mais notre adjoint expert en bricolage domestique autant que politique s'est fatigué pour rien : les malfaiteurs ont opéré tout l'été. Voitures visitées et parfois brûlées, maisons et appartements cambriolés ont été le triste lot estival de nos quartiers...

Si on s'est introduit chez vous en votre absence et que vous avez un ami président de la République, demandez-lui de faire limoger le responsable départemental de la sécurité par sa ministre de l'Intérieur. Il paraît que c'est la coutume !

Vous pouvez aussi demander à votre bailleur et à son maire de Trappes préféré en quoi leurs grilles et digicodes censés vous "résidentialiser" agissent contre l'insécurité...

En fait, vous pouvez toujours perdre votre temps à chercher des coupables, des responsables ou au moins des boucs émissaires. La vraie cause de la délinquence, c'est la baisse du pouvoir d'achat et les vacances passées à Trappes-les-Bains ! Les travaux pharaoniques de Guy Malandain et sa "majorité" élue par un électeur sur quatre n'y pourront pas grand chose : l'été à Trappes, on s'ennuie ferme !

Bonne rentrée quand-même à tous !

Le 9 septembre 2008




Trappes-en-limousine...

Ainsi, comme on l'a souligné l'autre jour (voir plus bas), le blog satirique "Auffargis-Trappes-Auffargis-par-la-N10" a été fermé.

Kamal Benmarouf, blogueur trappiste et désormais socialiste, nous a informé qu'un lecteur a feint de s'indigner de "propos racistes" auprès de l'hébergeur Haut et Fort, lequel a immédiatement bloqué le contenu du site. Mais Kamal penche plutôt pour une intervention des amis du maire de Trappes, Guy Malandain. Pourquoi pas, après tout ? Peut-être ont-ils pris la mesure de la menace que faisait peser sur la majorité municipale ce petit écran humoristique ouvert à tous sur la toile. Nos fonctionnaires locaux de la révolution "prolétariste" ou ceux de la gauche socio-libérale (et néammoins néo-stalinienne) le savent bien : la dérision est bien l'arme la plus efficace contre leur sinistre ringardise ! Les dérives de leurs mesquines idéologies conservatrices du siècle dernier sont tellement tragiques qu'il vaut mieux en rire, et c'est précisément ce que nous proposait le défunt petit blog.

Le sécuritarisme patelin de notre trinité municipale (Guy, Jeanine, Jean-Yves) n'est pas si différent, en effet, de celui de Nicolas Sarkozy, si on fait abstraction des "éclats" et gesticulations médiatiques de ce dernier. Et le "résidentialisme" technocratique de notre gauche urbanisante rejoint les quotas obsessionnels du ministre de l'identité nationale Hortefeux, sur au moins un point : l'Autre est mon ennemi ! Nous sommes de plus en plus nombreux à Trappes à le penser, mais... malheur à celui qui le dit ou l'écrit !

Mais si ça se trouve, remarquez, on fait totalement fausse route...
Et si, en fait, la fermeture du fameux blog n'avait rien à voir avec les moqueries que le rédacteur dirigeait contre Malandain et sa première adjointe ? Et si l'auteur de la plainte auprès de Haut et Fort n'était autre que... le lobby automobilo-pétrolo-bétépiste ?
Regardons-y de plus près. Au-delà de la personne du maire et de sa politique, c'est tout un mode de vie qui était stigmatisé par le blog : celui de ces "rurbains éclairés" des années 70 qui ont cultivé ici, à Saint-Quentin en Yvelines, la version française d'une forme d'organisation de la société particulièrement destructrice de l'environnement et des liens sociaux. Bagnoles envahissant tout l'espace, autoroutes à usage quotidien pour aller s'acheter des clopes ou une baguette de pain, croissance urbaine sans limite mais incapable de loger le plus grand nombre, productivisme aveugle et dénué du moindre projet social : c'est l'absurdité de notre Ville Nouvelle des marchands de gazole et de bitume qui apparaissait, en filigrane, dans ces monologues d'un autocrate imaginaire, cynique et suffisant, au volant de sa berline. En corollaire, on pouvait aussi lire entre les lignes l'évocation de la confiscation du pouvoir par une poignée de technocrates déguisés en militants politiques, méprisant royalement les populations habitant leur terrain de jeux.
Les gardiens du temple du capitalisme bitumeux ont pu s'émouvoir de cette grave atteinte à l'Ordre Privé, et ils ont pu vouloir éliminer ce germe d'insurrection...

A propos de l'idéologie de la bagnole chère à nos élus qui habitent loin de chez nous, TL vous propose de (re)découvrir un texte dans lequel, en 1973, André Gorz* montrait Trappes du doigt comme prototype français d'une idéologie suicidaire, cité par Vélorution :
"...on n’est pas libre d’avoir une bagnole ou non parce que l’univers suburbain est agencé en fonction d’elle - et même, de plus en plus, l’univers urbain. C’est pourquoi la solution révolutionnaire idéale, qui consiste à supprimer la bagnole au profit de la bicyclette, du tramway, du bus et du taxi sans chauffeur, n’est même plus applicable dans les cités autoroutières comme Los Angeles, Detroit, Houston, Trappes ou même Bruxelles, modelées pour et par l’automobile."
Qu'est-ce qui a changé depuis ? Pas grand chose... André Gorz, dans ce texte d'une clairvoyance presque troublante, avançait quelques géniales prémonitions** : "Pour leurs déplacements quotidiens, ils [les citadins] disposeront d’une gamme complète de moyens de transport adaptés à une ville moyenne : bicyclettes municipales, trams ou trolleybus, taxis électriques sans chauffeur."
Qu'avons-nous fait, ici, de tout cela, nous ? Rien ! Mais ça n'est pas la faute des élus saint-quentinois, bien sûr. Quand il faut se gargariser à propos de la formidable "réussite économique" de l'agglomération, y'a du monde ! Mais si on évoque des problèmes, c'est la faute à l'Etat et au Conseil général de droite, voire à la Région qui est pourtant à gauche, elle... Non, pas une piste cyclable digne de ce nom, à Trappes. Pas de tram sur les emprises prévues pour des couloirs de bus jamais aménagés. Pas de véhicules non polluants pour les services municipaux. De nouvelles rues sans vie, des parkings, des lotissements rase-bitume dévoreurs d'un maximum d'espace pour un minimum de logements , et toujours moins de commerces de proximité. Mais un plateau urbain couvrira la N10 sur 300 mètres de long ! Ça, c'est pour la bonne conscience et les marchands de travaux publics. Mais tout de même, que les inconditionnels du déplacement automobile soient rassurés : le plateau permettra de circuler mieux et plus... en voiture !

Pourtant, les américains eux-même semblent en sortir (doucement...), de cette époque. On peut lire dans la presse récente ici ou des indices d'une évolution qui atteindra, n'en doutons pas, le cerveau de nos élus locaux préférés... avec 10 ou 15 années de retard !
Le 15 juillet 2008.
*Ce philosophe et journaliste compte parmi les fondateurs de l'écologie politique en France. Il était inspiré notamment par des penseurs tels qu'Ivan Illich, Marcuse, Theodor Adorno ou Jürgen Habermas. Rien à voir avec les auteurs de référence de la pensée profonde de nos édiles trappistes, qui s'appellent plutôt Martin Bouygues, André Citroën ou André Michelin...
A lire entre autres : sa dernière interview au Nouvel Obs, une bio synthétique.

** L'ancètre des Vélibs date de 1976  : avec les "Vélos Jaunes", la mairie de La Rochelle, souvent pionnière en la matière, propose 350 vélos en libre service gratuit pour une durée de deux heures.





Trappes-en-Corée-du-Nord ?

Vous l'avez sûrement remarqué, la loi du silence ne règne plus en ville, depuis plusieurs mois : les blogs manifestant une vive opposition à la majorité conservatrice de la municipalité trappiste  se sont multipliés sur la toile pour relayer l'exaspération d'un nombre croissant d'habitants, puisque les partis politiques sont muets. Profitons-en d'ailleurs pour rappeler que cette majorité n'a été réélue au premier tour du scrutin municipal de 2008 qu'avec les voix d'un électeur sur quatre !

Parmi ces blogs, depuis les élections justement, une petite page satirique présentait la vie politique locale sous un angle humoristique en nous proposant de faux monologues du maire de Trappes sur fond de chansons franchouillardes choisies avec un goût très sûr. Il a été fermé par son hébergeur "Haut et Fort" sous le prétexte, grotesque pour quiconque a appris à lire, qu'il diffusait des propos racistes. L'affaire est relatée par Kamal Benmarouf sur son nouveau blog.

En cette période trouble pour la démocratie, où le président de la République française entend nommer lui-même le directeur de la télévision publique, on pourrait bien se retrouver à Trappes, si ça continue, avec le site web de la mairie comme seule ressource trappiste sur le web... Et notre maire, Guy Malandain, serait enfin un Grand Homme... incontestablement !

Vive le webcentralisme démocratique !

Le 26 juin 2008.




L'architecture de la peur - 2

Continuons sur la lancée de la critique des modèles urbains et sociaux petits-bourgeois qui plaisent tant à nos élus de la supposée gauche trappiste !

Plus bas, on vous invitait à lire un article de l'architecte Jade Tabet sur "l'architecture de la peur". Aujourd'hui, on vous propose de jeter un œuil à une contribution de Jean-Philippe Godin, architecte lui aussi, pour la revue en ligne Préfigurations : "LA RESIDENTIALISATION OU COMMENT UN GRAND CHEZ TOUT LE MONDE DEVIENT UN PETIT CHEZ D'AUTRES, MAIS QUE L'ON CONNAIT CEUX-LA !"

Une fois de plus, vous pourrez reconnaître le bla-bla technico-sociologique qu'on nous sert à longueur de journal municipal et autre exposition sur la N10,  appliqué à d'autres projets. On finit par penser que tous ces dossiers qui sont censés avoir été cousus à la main sont en réalité du prêt-à-porter très bas de gamme.

Faites un tour dans l'univers merveilleux de la "résidentialisation", ce petit monde de pseudo techniciens pour qui copier-coller c'est travailler, où concertation et personnalisation ne sont que des mots destinés à vous enfumer, et dans lequel vous n'êtes personne.

Le 1er juin 2008.



Un train de retard.

"Il n'y a pas d'hésitation à avoir : il faut donner à Trappes-en-Yvelines un véritable centre ville...".
Ainsi Guy Malandain introduit-il son édito de mai dans sa feuille municipale, en même temps que la présentation du projet de plateau urbain sur la N10 qui fait l'objet d'une exposition en mairie.
L'ambition est claire : un véritable centre ville, mais pas pour Trappes, non. Pour "Trappes en Yvelines", la ville imaginaire, la ville rêvée qui doit remplacer la nôtre. Depuis trente ans, Trappes s'en est donné un toute seule, de centre ville. C'est la vie qui l'a dessiné, au gré des activités des habitants. Au coeur du quartier des Merisiers, ce centre réel a peu à peu remplacé le centre historique qui était articulé autour du triptyque classique et séculaire église / mairie / gare (la gendarmerie a disparu depuis longtemps).

En mettant les aménagements urbains futurs en perspective, on aurait pu prendre acte de cette évolution, et l'accompagner. Non. On a préféré revenir en arrière et tirer un trait sur des décennies de transformations sociales, pour tenter de ramener le centre de nos activités autour de la mairie et de l'église. Le centre des Merisiers, on le déconstruira méthodiquement.
Bien sûr qu'il faut couvrir la N10, et pas seulement devant la mairie. Bien sûr qu'il faut relier les deux parties de la ville. Mais pourquoi recréer un centre là où il n'existe plus ? Pourquoi poursuivre la politique de marginalisation du quartier des Merisiers en tentant de le rendre "résidentiel", alors qu'il grouillait d'activité jusqu'à maintenant ? Vous avez remarqué comme c'est mort, les Merisiers le soir, depuis quelques temps ? Petit à petit, Trappes commence à ressembler à une ville des Yvelines, effectivement... Mais qu'est-ce qui n'allait donc pas, avant, aux Merisiers ? C'était trop vivant, sans doute, pour nos barbons d'élus, qui n'auront de cesse que lorsque Trappes sera aussi sinistre, impersonnelle et silencieuse que les villes qu'ils habitent : Auffargis ou Guyancourt. Cette énergie, ce dynamisme, ça doit tenir aux gens d'ici. On va finir par croire que nos élus ne les aiment pas. Ne nous aiment pas...

Guy Malandain veut recentrer la ville sur les quartiers dont l'électorat lui ressemble. Pour y arriver, on créera des axes transversaux à la N10 sur le plateau urbain. En y regardant de plus près, on se dit que ça pourrait bien refaire de Trappes une ville-rue d'ici quelques années ! Imaginez ce que sera la voie allant d'Elancourt à Voisins en passant par la Plaine de Neauphle et le centre de Trappes débarrassé du pont Cachin : une traversante rapide pour la moitié de Saint-Quentin en Yvelines ! Un couloir express entre le nord-ouest de l'agglomération et le sud-est. Pour la protection des riverains, on verra bien...

Pour ce qui est des transports, on constate qu'il n'est toujours pas question à trappes de réseau cyclable. Et le magazine municipal nous présente l'aménagement des lignes 417 existantes comme un projet... La gare sera mieux desservie ? Sans doute. Mais les services de la SNCF se dégradent depuis plusieurs années, sans que les élus locaux s'en soucient. On l'a bien vu lors de la concertation organisée par la Commission nationale du débat sur le prolongement de l'A12 : la seule chose qui les intéresse, c'est la circulation routière. Le projet urbain de Trappes est d'ailleurs articulé autour de la circulation automobile qu'il contribue à développer au détriment des autres formes de déplacement.

Le 18 mai 2008.




Barbelés L'architecture de la peur.
Il y a des jours, parfois, où on se demande si on n'est pas un peu à côté de la plaque, finalement, à cultiver le marginalisme et le contre-courant.
Prenez le problème de l'évolution urbaine autour de Paris en général, et à Trappes en particulier. Cet urbanisme petit bourgeois  qui hérisse nos villes de grilles, de grillages et de barrière à perte de vue, ce serait ça, alors, le progrès social ? Ceux qui osent critiquer la sainte érection de poteaux et piquets qui nous tient lieu depuis une dizaine d'années de politique urbaine passent pour des malades ou des extraterrestres.
Il en va des tendances en matière d'urbanisme comme de toutes les modes : on ne peut pas y échapper. C'est tellement naturel que ça ne souffre même pas le doute. Un peu comme l'allongement de la durée du travail pour financer les retraites, la transsubstantiation de l'hostie et du vin en corps et sang du Christ ou la vénération de l'oeuvre artistique de Johnny Hallyday... C'est un dogme.
Et puis un jour, au détour d'une onde radiophonique ou d'un clic de souris, on découvre qu'on n'est pas seul, que d'autres, ailleurs, ont eu aussi des pensées "sacrilèges" et mettent des mots sur les concepts qu'on tentait maladroitement de formaliser dans son coin. On fait ainsi des découvertes qui confinent à la révélation...
Vous trouverez ici une chanson, à écouter en boucle au casque, qui concerne les chanteurs inoxydables et garantis 50 ans. , c'est d'urbanisme qu'il s'agit, sous la plume de l'architecte Jade Tabet pour la revue "Les Annales de la recherche urbaine". L'auteur a décrypté pour nous, en 1998, les discours et les pratiques en vogue dans les opérations de requalification urbaine. On apprend que des auteurs américains ont donné un nom , il y a trente ans, au style architectural que nous voyons mis en oeuvre à Trappes depuis 10 ans : l'architecture de la peur...
On reviendra bientôt confronter les projets urbains de la municipalité malandainiste à la grille de lecture des opérations de résidentialisation proposée par Jade Tabet.
Le 5 mai 2008.


Calculs politiques.
Le premier journal municipal du nouveau mandat est dans nos boîtes. Il est consacré au conseil qui a suivi les élections et au cours duquel on a élu le maire et les adjoints.
Premier constat, au vu des photos du conseil et du public : à Trappes, on n’a pas besoin d’installer des boîtiers à ultrasons pour lutter contre les rassemblements de jeunes ! On a manifestement trouvé d’autres recettes de répulsif pour les locaux de l’hôtel de Ville. Des années de délégation jeunesse de Khadija Aram et une tentative d’organisation d’un conseil municipal de la jeunesse ont apparemment calmé les ardeurs citoyennes des trappistes de moins de 100 ans...
Sur la mise en place de la nouvelle équipe et sur la "nouvelle" politique municipale, on n’a pas grand chose à signaler. Sur le reste du magazine non plus. Ah si, tout de même : on constate que le maire, Guy Malandain, a du mal avec le calcul. Il écrit, dans son édito : "Mes chers concitoyens. Votre vote lors des élections municipales a marqué largement, dès le premier tour, le souhait de la majorité d’entre vous de continuer à construire l’avenir de Trappes-en-Yvelines sur la base de valeurs de gauche, de valeurs républicaines". Passons sur l’allusion perfide - et même quasi diffamatoire - au fait qu’un ou plusieurs de ses trois concurrents ne seraient pas imprégnés de "valeurs républicaines"... Le compte n’est pas bon. On peut, à la rigueur, limiter la notion de "concitoyen" aux seuls électeurs, en admettant qu’il ne soit pas méprisant d’exclure tous les autres adultes majeurs, et sans entrer dans des considérations de nationalité. Et bien, même si Guy Malandain ne s’adresse qu’aux électeurs, il doit les compter tous. Or, les 3 195 voix qui l’ont porté sur son siège, ça ne représente qu’un quart des 13 050 inscrits. C’est très loin de la "majorité de nos concitoyens", même dans une acception très restrictive. A moins que le maire ne considère comme ses concitoyens que les seuls votants du 9 mars 2008.
Il ne se considérerait donc pas comme le maire de tous les trappistes ? A vrai dire, on s’en doutait un peu, depuis sept ans...
Un autre problème politico-arithmétique est posé en page 4, à propos de l’élection du maire par les conseillers municipaux : 27 voix pour ; 1 vote nul ; 4 voix contre. On n’a pas la liste des présents, ça n’aide pas à comprendre pourquoi il manque 3 voix sur les 35 élus que compte le conseil. Les colistiers de Fourgous n’ont peut-être pas pris part au vote. Les quatre voix contre Malandain, on imagine que ce sont celles de Dubuisson et les siens. Mais le vote nul ? Qui c’est t-y donc ? Y’en a un qu’a raturé son p’tit bulletin exprès, ou c'est plutôt qu’il a maladroitement renversé son café dessus par inadvertance ? La majorité municipale commencerait-elle déjà à se lézarder ?
Ça promet pour les six années qui viennent...

Le 5 avril 2008.



Armée coloniale
Nouveau Conseil municipal.

Avec quelques nouvelles recrues mais surtout des vieux mercenaires qui rempilent, le conseil "Malandain II" est constitué. Ça n'est pas la révolution.

Parmi les adjoints, on a quand-même une petite surprise : Gégé n'est plus là. Mais si, vous savez... Gérard Colfaux, l'ancien adjoint aux travaux. En 2001, alors que ses colistiers, avec Jacques Monquaut, avaient décidé de renouveler les cadres en confiant des responsabilités aux jeunes de la liste, Gégé avait menacé de démissionner s'il perdait son "portefeuille" d'adjoint. Affaire de conviction politique, sans doute... Les autres avaient capitulé, la mort dans l'âme et la rage au ventre, devant son chantage : s'il avait démissionné, il aurait été remplacé au conseil par un socialiste, et le déséquilibre PCF / PS en aurait été encore accentué. Mais en 2008, comme ils sont tous socialistes, sur la liste, ils ont dû l'envoyer balader ! Exit Gégé ? On verra plus tard.
Deuxième petite surprise : Jacques Monquaut est adjoint aux sports. Etonnant... D'un autre côté, pour remplacer Dubuisson, il fallait un adepte de la gymnastique politique. Ça tombe bien, Monquaut s'y est mis récemment !  C'est même un véritable acrobate, quand on repense à son parcours : torpillé par ses potes quand il était maire, en congé du PCF pendant des années, le voilà de retour, pour soutenir ses fossoyeurs d'hier, comme si de rien n'était. C'est plus de la loyauté, c'est du masochisme!

Moins inattendu : Khadija Aram est adjointe à "l'action républicaine". Ça doit avoir un rapport avec la vie associative et religieuse, dans l'esprit tordu de Malandain... On ne sait pas trop ce que ça peut recouvrir comme mandat. Elle non plus, si ça se trouve... En tout cas, elle n'est plus à la jeunesse, c'est toujours ça ! Mais tout le monde avait déjà oublié cet épisode de la vie publique locale...

Jeanine Mary est adjointe à l'éducation, l'enfance, la famille. La Super Nanny des colonies, fraîchement élue au Conseil général, va nous les secouer, les femmes trappistes, avec l'aide de ses dames patronnesses de la "Maison des man-mans" ! Musulmanes ou pas, elles va leur faire enlever ces foulards et leur apprendre à cuisiner les endives au jambon, c'est moi qui vous l'dit !

Quant à notre druide cryptosocialiste, Jean-Yves Gendron, il est adjoint à l'emploi, au développement économique et à l'insertion. La "compétence" sera au rendez-vous, c'est certain. S'il fait autant pour l'emploi des trappistes que pour le sien, le chômage local, c'est déjà du passé ! Pour ce qui est du volet développement, on peut faire confiance au talent du fin négociateur immobilier qui a su fourguer le siège départemental du PCF à l'agglomération qui l'a transformé en service jeunesse municipal. Le bâtiment avait été agrandi dans les années 80, grâce à une grande souscription populaire, pendant les grands travaux de rénovation des squares de la SEM SATRA. Ne ricanez pas, insolents ! Gendron est président de la pépinière intercommunale d'entreprises Promopole, mais, pour autant, la création d'entreprises, c'est pas vraiment son dada. Non, son truc, c'est plutôt les négociations de haut vol, du genre de celles qu'on mène en septembre, à la fête de l'Huma, à "l'Espace collectivités". C'est une sorte de salon littéraire qui récompense les meilleures fictions dans la catégorie "appels d'offres publics des collectivités territoriales". La distribution de l'eau en régie, à Trappes, chers colistiers de Dubuisson, c'est pas pour demain, vous pouvez en être certains !

Eric Gomis n'est plus adjoint. Ça, c'est la mauvaise nouvelle. Espérons qu'il sera élu vice- président de l'agglomération de Saint-Quentin en Yvelines. Il saura nous représenter dignement, soyez-en sûrs, et saura user de son charisme tout en restant sobre, dans la conduite des politiques intercommunales. On est bien soulagé qu'il ait changé d'avis, finalement. Pendant deux ou trois ans, en effet, il a clamé sur tous les parkings de la ville qu'il était pressé d'en finir avec ce mandat, cette politique d'abandon des jeunes, ce maire despotique et son équipe de "soiffards de reconnaissance", comme il appelait ses colistiers à l'époque, et qu'on ne l'y reprendrait pas. Trappes ne se serait pas remise de la défection d'une telle pointure, si estimée par les jeunes de la ville et par les techniciens qu'il côtoie à la mairie ou à l'agglomération, et que toutes les collectivités environnantes nous envient ! Saluons ce revirement salutaire qui n'est motivé, c'est l'évidence, que par l'amour des idées et de l'action politique!

Malandain est toujours maire, au fait. En attendant d'être sénateur, en remplacement de Catherine Tasca, dans deux ans.

Après, on verra...

Le 30 mars 2008.



Hic laïque - 2.

Ouh ! Pas laïque, la cantine de l'Ecole publique à Trappes ! Ouh ! On y a servi, en avance, un "Repas de Noël scolaire" le jeudi 20 décembre. Profitons-en pour rappeler à ceux qui croient que Noël est le nom de la  journée mondiale de la dinde, qu'il s'agit en réalité d'une fête religieuse chrétienne.

Parfait hasard ou mesquine et cynique vengeance de la municipalité après l'affaire de "l'abattoir mobile" qui a divisé la majorité malandainiste ? Toujours est-il que c'est tombé à la date de l'Aïd-El-Adha, grande fête musulmane qui commémore le sacrifice d'Abraham...

Le 21 décembre 2007.




Nuit gravement à la santé politique.
Vous pensiez que la police municipale de Trappes n'était occupée qu'à remplir des carnets de PV sur la zone bleue de stationnement autour de l'hôtel de Ville ? Vous aviez peut-être tort.
La police municipale pourrait bien être une cellule secrète de lutte contre le terrorisme international des intégristes narcotrafiquants. Ce que Jamel Debbouze appelait dans un de ses sketches : "les réseaux islamistes de drogue" ! Une sorte de mélange d'Al Qaïda et de la maffia russe, mais en plus petit tout de même.
Un indice : le grand chef de cette PM, notre Directrice de la Prévention et de la Sécurité, était en novembre 2006 dans la belle ville espagnole de Saragosse pour un colloque européen intitulé "Sécurité, démocratie et villes". Elle devait y présenter, dans le cadre d'un atelier sur "la gestion des crises urbaines", l'expérience de la ville de Trappes. Comme elle était prévue en fin d'après-midi, son intervention n'a peut-être pas eu lieu faute de temps. Toujours est-il qu'elle n'est pas sur le compte-rendu. On ne saura jamais de quoi elle a parlé. Mais c'était sûrement intéressant. On n'imagine pas une employée municipale s'en aller parler de nous si loin d'ici pour rien...
Blague à part, ça avait l'air intéressant, ce colloque, à la lecture des sujets abordés et des interventions. On peut toutefois s'étonner de certains "rapprochements" thématiques, comme par exemple pour les ateliers de travail du vendredi 3 novembre : Jeunes sous violence / Urbanisme, espaces publics et insécurité / Migration, minorités / Gestion des crises urbaines / Drogues. Un banlieusard paranoïaque pourrait déceler là-dessous des "amalgames stigmatisants", reliant artificiellement comme dans un message subliminal : la jeunesse, la violence délictueuse, la banlieue, les immigrés, les émeutes et la toxicomanie... Allons ! Il ne faut pas voir le mal partout ! Nos brillants spécialistes de la chose urbaine (et donc de la sécurité...) ne veulent que notre bien. Et les politiques gouvernementales qui les ont tant inspirés, des "sauvageons" de Chevènement au "Kärcher" de Sarkozy, sont salutaires. Et puis, il ne faut pas se voiler la face : le mal est là, parmi nous.
Tenez, prenez la drogue... C'est un fléau. Bon, c'est vrai qu'il y a drogue et drogue... Ou plutôt : drogué et drogué. C'est moins le produit qui fait la différence, que son utilisateur. Le mauvais drogué, c'est le jeune de banlieue désoeuvré, particulièrement s'il a "des origines ethniques". Celui-là, ça le rend violent, ça le désocialise, ça le pousse à s'enfoncer dans une spirale toxicomaniaque et délinquante. Mais une "autre pratique de la drogue est possible" ! De la drogue "douce", bien entendu. Le bon drogué, lui, a un bon job, bien payé. Il est souvent propriétaire, et pas à Trappes. Il fume pour se détendre, voir la vie autrement, avec des amis choisis qui ont aussi bon goût que lui. Il est plutôt blanc. Mais il lui arrive de se mélanger. La drogue, avec lui, c'est convivial. Et bien sûr sans danger. Ni pour lui, ni pour les autres, même lorsqu'il travaille ou conduit après avoir fumé. L'usage de la drogue recouvre deux réalités très différentes, vous l'aurez compris. D'un côté, vous trouvez le toxico type de banlieue, chargé au mauvais bédo, qu'il mélange souvent à la sinistre "huit'-six". De l'autre, vous trouvez le fumeur hédoniste et responsable, enivré de bon chichon, pourquoi pas biologique, et de vins fins d'appellation contrôlée (on est en France, bordel !).
Il est vrai que des dérapages peuvent avoir lieu : les soirs de disette, les fumeurs des beaux quartiers s'aventurent à acheter du vulgaire marocain qui tache à de jeunes revendeurs qui entretiennent des liens coupables avec de dangereuses maffias, et il peut même arriver que certains se lâchent sur les alcools forts ou les médicaments de contrebande, voire les deux à la fois. Mais dans l'ensemble, le bon fumeur se tient bien : il assure au travail, il est un bon parent d'élèves à l'école, il lui reste des points sur son permis et son casier judiciaire est vierge. Pour l'autre, le mauvais, on est bien obligé de faire quelque chose... On a des politiques de lutte contre le fléau.
Vous me direz, ça la foutrait quand-même assez mal si des "bons fumeurs" étaient chargés de conduire des politiques publiques visant à pousser les "mauvais" à arrêter de fumer... C'est vrai. Pour éviter les problèmes, il faudrait instituer une sorte de "casier cannabis" qui devrait rester vierge pour que son titulaire occupe certains emplois. Ou certains mandats électifs, comme maire ou maire adjoint. Il faudrait faire passer des tests, bien sûr. On aurait un peu l'impression de malmener les libertés individuelles... D'autant qu'on n'aurait pas affaire à de la racaille. C'est jamais marrant d'embêter le citoyen tranquille... Mais ça ne serait pas pire que de faire passer des tests ADN à des gens qui veulent juste vivre avec leurs gosses !
Eh bien oui, tiens ! Lançons à Trappes un nouveau concept de l'excellence citoyenne. "Trappes ville propre" ! Des élus et des professionnels irréprochables qui s'engagent contre le cannabis. Pour donner l'exemple des "bonnes pratiques citoyennes urbaines", ils s'astreindraient à faire un test de dépistage régulièrement. Ça serait super éducatif !
Pourquoi la ville de Trappes se lancerait-elle dans des projets pionniers de ce genre, me demanderez-vous ? Mais parce qu'elle a beaucoup à se faire pardonner en la matière ! Le logo de notre collectivité, vous l'avez vu ? C'est une véritable incitation à la fumette : il représente une feuille de cannabis !


Le 12 décembre 2007.




Le hic laïque : laïcité bien ordonnée commence par les autres.

"Dans la problématique municipale, à Trappes, j’exprime ma position de maire par le mot «équidistant». Personnellement, je n’ai pas de religion, mais toutes les religions ont le droit d’exister."

Vous aurez reconnu le style frais, alerte et modeste de G. Malandain, notre bourreau municipal des diptères. C'est joli, "équidistance". Malandain fait ici encore mieux que Sarkozy quand ce dernier était ministre de l'intérieur, et déclarait que "la laïcité c'est ne privilégier aucune religion par rapport à une autre." Ça veut dire la même chose, et c'est moyennement fidèle à l'esprit de la loi de séparation des Églises et de l'État, mais on est tenté de saluer tout de même la posture. Et cette posture, il y tient, Guy Malandain. Il était même en passe de devenir champion de France de la laïcité, à une certaine époque, agitant les barbes et les voiles comme autant d'épouvantails destinés à faire parler de lui dans la presse et lui donner une stature nationale qu'il jugeait sans doute capable de lui rouvrir les portes de l'Assemblée.
Le problème, c'est que ce joli bla-bla, Malandain l'a servi au CERAS (Recherche et Action Sociale), officine française de la Compagnie de Jésus. Un organisme jésuite. Un truc du Vatican, quoi... En sachant ça, du coup, on se dit que l'équidistance malandainiste, ça doit se mesurer en appliquant des "coefficients de pondération" différents selon le point religieux considéré.

Penchons nous, pour comprendre, sur un problème élémentaire de géométrie politico- philosophique appliquée.
Supposons que, originaire de l'ouest de la France, vous ayez été baptisé selon le rite chrétien de Rome, que vous ayez été élevé dans le respect des valeurs chrétiennes, que vous ayez mûri un engagement politique, social-démocrate par exemple, au contact notamment de militants issus de cercles chrétiens de gauche, et que vous viviez dans la région parisienne. A quel endroit devriez-vous vous placer pour être à équidistance laïquement correcte de, mettons... Saint-Pierre de Rome et la Mecque, par exemple ?
Pour traiter ce problème dans les règles, il faut s'initier au maniement complexe des "coefficients de pondération des distances laïques" qui se déterminent à l'aide d'une équerre et d'un compas. Mais si vous n'avez pas le matériel sous la main - et on ne peut de toute façon prétendre approcher l'expertise d'un Malandain en matière de géométrie laïcienne - vous pouvez vous contenter d'une évaluation à la louche.

Tout d'abord, vous devez garder à l'esprit que la France est un pays "de tradition chrétienne". Aussi, une bonne partie de ce que vous serez tentés de considérer comme des faits religieux imputables à la chrétienté (et dont il faudrait s'éloigner pour rester "bon laïque") est à ranger dans les catégories "tradition" ou "folklore".
Exemple : le jour de la naissance de Jésus Christ est un jour férié en République française, dignement célébré en décembre 2005 par la municipalité de Trappes par une évocation artistico-ludique des "Rois Mages" dans le hall de la mairie.
Autre exemple livré par le vénérable Malandain en personne dans son papier pour le CERAS : "Le bâtiment de l’église est municipal – c’est là une situation nationale -". Ben oui : ça découle de l'article 14 de la loi de 1905. Les bâtiments religieux avaient été confisqués sous la Révolution. Évidemment, tous les édifices concernés à l'époque étaient voués à la religion chrétienne. En 1905, on les a conservés en propriété publique au moment du "divorce". Le paradoxe aujourd'hui, c'est que le christianisme se trouve privilégié par rapport aux autres religions, puisque ses lieux de culte sont à la charge de l'État et des collectivités territoriales, ce qui n'est pas le cas des bâtiments construits après 1905. Mais cet état de fait ne saurait être remis en cause ! En effet, une église évoque peut-être pour vous un simple lieu de culte chrétien apostolique et romain. Erreur ! Il faut la voir comme un élément essentiel et spectaculaire de notre patrimoine architectural et culturel national. Il convient donc de faciliter son entretien, de soigner et préserver ses abords, et de l'illuminer aux frais des contribuables au moment de la fête de Noël qui fait partie de notre folklore (voir exemple précédent).

Pour simplifier, considérez d'une manière générale que toute manifestation d'une quelconque expression publique de la "fibre chrétienne" doit être prise comme normale, et n'est tout au plus qu'une entorse très légère aux principes supérieurs de la laïcité. Et ceci est vrai y compris pour les détenteurs de responsabilités publiques républicaines : un maire qui rend hommage aux Rois Mages ; une députée des Yvelines qui brandit la Bible en séance à l'Assemblée nationale pour repousser un projet de loi "antéchrist" ; un ministre d'Etat qui fait un signe de croix au cours d'une réception officielle, etc...

Le catholicisme, c'est bien entendu une religion. Mais c'est là depuis si longtemps que c'est très français, finalement... D'ailleurs, le clergé catholique est tout naturellement respectueux des valeurs de la République française. Le fait que son chef (le Pape) soit le chef d' un Etat étranger (le Vatican) est un détail sans importance. La loyauté des curés à la République et à ses valeurs n'est pas à démontrer, et ce pour une raison toute simple : personne ne se pose la question ! J'ai pu ainsi croiser dans un village français un prêtre congolais (crise locale des vocations...) formé au Canada, qui obéissait en France aux commandements du Pape de Rome sans que personne trouve à y redire...
Cette question du respect des valeurs, par contre, on se la pose pour les guides spirituels d'autres religions, comme l'Islam par exemple. Les imams doivent démontrer leur attachement aux valeurs françaises, surtout s'ils sont étrangers, parce que leur religion est étrangère à notre tradition. C'est tout simple !

Pour la même raison, tout ce que vous avez appliqué au christianisme doit être remis en cause à propos de l'Islam.
Par exemple, la députée des Yvelines évoquée plus haut est devenue ministre du logement. Mais si une femme portant le hidjeb brandit le Coran dans l'hémicycle du Palais Bourbon, même pour montrer la reliure à son voisin, on la brûlera sûrement sur la place de la Concorde ! Au moins en paroles... Et Charlie Hebdo ne lancera pas de pétition...
Autre exemple : autant les églises font partie du patrimoine national, autant les mosquées en sont exclues, à part celle de Paris qui participe du pittoresque de la Rive Gauche. Les synagogues n'ont pas toujours eu la cote non-plus, en France... Et puis il y en a peu.
Pour les fêtes du calendrier, c'est pareil : pas d'amalgame ! On a Noël et Pâques, mais pas de Pessah ni Aïd el fitr. Si vous êtes maire d'une commune française, vous irez couper la bûche au "Noël des Anciens", c'est la tradition. Mais pas question de découper le mouton à un quelconque "Aïd des Chibanis" ! C'est pas laïque !

Même dans la vie publique, certaines évocations explicites de la chrétienté ne sont pas considérées comme des entorses à la laïcité. Nous avons ainsi une "Confédération Française des Travailleurs Chrétiens" qui jouit d'une représentation nationale et qui, à ce titre, participe à la gestion de l'assurance chômage, ou siège dans diverses instances paritaires de la fonction publique. Autre exemple : même si aucun parti en France ne revendique une confession religieuse (c'est interdit), le parti de notre président de la République (UMP) partage ses bancs strasbourgeois du Parlement européen avec des "Démocrates chrétiens". N'allez pourtant pas imaginer un "Syndicat des travailleurs musulmans" dans la fonction publique française, ou un parti "libéral-musulman" au Parlement européen. Ce serait communautariste et antilaïque.
Les principes sont posés, et vous pouvez les décliner à l'infini. Pour les filles portant le voile, pour les repas de rupture du jeûne de ramadan dans les salles publiques, pour les boucheries hallal qu'on préfèrerait ne pas voir en centre ville, etc., etc...

Vous avez maintenant une idée de ce que sont les coefficients de pondération dans le calcul des distances pour la détermination du point équidistant entre la Basilique Saint-Pierre et la Kaaba. On vous laisse le soin de les utiliser vous-même. Mais, vous l'aurez compris : nul besoin de s'éloigner beaucoup de Rome pour considérer qu'on en est distant en politique. Par contre, certains ne se trouvent jamais assez loin de la Mecque à leur goût.

Le 2 décembre 2007.


Le 11ème commandement.

"Tu ne passeras pas par là !". Tel semble être le leit motiv de ce début de 21ème siècle.  Alors que le 20ème avait vu tomber le mur de la honte à Berlin, on rebâtit allègrement aujourd'hui des lignes de démarquation déshonorantes pour leurs architectes : en Palestine pour séparer arabes et juifs, au Texas pour arrêter les migrants mexicains, à Ceuta pour faire barrage aux tentatives d'immigration africaine vers l'Europe.

Mais c'est en France, dans nos banlieues rénovées, que le concept du "chacun chez soi" a trouvé son aboutissement, avec la séparation de tous d'avec tous, le nationalisme à l'échelle du pâté de maison, la parcellisation ultime : la "résidentialisation".

Bien sûr, le séparateur utilisé est moins brutal qu'un mur en béton de huit mètres de haut, et il est bien plus élégant. Vous aurez reconnu le très joli grillage vert qui pousse en ville comme le chiendent sur une ZAC en friche. Il faudrait mesurer exactement la longueur qu'on  en a posé depuis cinq ans, mais c'est de toute façon impressionnant ! Des kilomètres, sûrement ! Vous aurez aussi remarqué que, si nos pelouses ne sont gardées que par de frèles grillages, les voitures, nos chères vaches sacrées, ont droit à de solides barreaux terminés par des pointes menaçantes. Bref, chez nous, ça commence à sentir bon la "France de propriétaires" tant voulue par le Président Sarkozy et ses électeurs.

On pourra toujours nous expliquer que les habitants sont pour, et en redemandent lors des réunions de concertation, mais on sait parfaitement que les programmes de résidentialisation ont été élaborés avant même la création des "comités de quartier" ou de "suivi"... Comités qui, du reste, ne semblent pas briller par leur représentativité. Au fait : on ne connait toujours pas le résultat des dernières "cooptations" organisées par la mairie il y a presque un an...

On pourra aussi nous servir la rengaine sarkozyste de "l'insécurité-et-des-nuisances-qui-frappent- d'abord-les-plus-faibles-d'entre-nous". On y prêtera attention quand ceux, élus ou techniciens,  qui théorisent les bienfaits du séparatisme intégral, viendront habiter les quartiers qu'ils quadrillent si élégamment !

Car heureusement, il existe un territoire de la République encore sauvage, où le citoyen candidat peut encore faire divaguer ses fidèles toutous sans avoir à contourner des barrières infranchissables. Ce lieu de grande liberté, c'est la liste électorale, plus accueillante pour ceux de l'extérieur que la zone Schengen ou les squares de la SAREPA.

Le 23 septembre 2007




Les Portes de Chevreuses.

La N10 et la future A12 ne préoccupent plus beaucoup les acteurs politiques à Trappes depuis l'annonce de la décision du ministre des transports en octobre 2006.

Ici-même, on l'avoue, on était presque sur le point d'oublier cette histoire. Pourtant, dans Les Nouvelles des Yvelines du 30 mai, un discret article de la page "économie"a attiré de nouveau notre attention sur ce dossier. Intitulé "Un nouveau centre commercial à Coignières en 2009", le papier décrit le projet des "Portes de Chevreuses" dont les travaux débuteront en septembre 2007 pour une ouverture en 2009. De quoi s'agit-il ? Presque rien : 37 000 m² de surface de vente sur la ZA du Gibet, dédiés à la maison et aux loisirs. Les plus grandes enseignes du secteur en seront, dont Boulanger qui réalisera son plus grand magasin de France, ou Castorama et Conforama qui délaisseront leur implantation actuelle un peu plus loin pour venir sur le nouveau site. Le tout sera réalisé par la Sogam, une filiale du groupe VINCI. Décidément, chaque fois qu'on tire un mètre carré de goudron, dans la région, VINCI n'est pas loin...

On ne discutera pas ici de l'opportunité que représente ou pas ce projet pour l'emploi local, même si on peut tout de même rappeler que SQY Ouest, il y a quelques années, n'a pas créé d'emplois pour les trappistes. N'en déplaise à Robert Cadalbert. Non, le problème aujourd'hui est ailleurs : la N10. C'est elle qui va border ce centre commercial. Si, si ! Vous avez bien compris : la N10 dont nos responsables locaux vous ont promis la transformation en "boulevard urbain" va desservir 37000 m² d'hypermarchés spécialisés, dès 2009 !

Sur "Trappes en ligne", souvenez vous, on n'a jamais cru à la petite chanson des pro-A12 sur l'aménagement de la nationale, le développement des transports en commun, et toutes les autres tartufferies. D'ailleurs, la lecture du dossier de presse du ministère des transports en 2006 aurait pu mettre la puce à l'oreille des trappistes partisans du prolongement :

"Le principe d’une requalification de la RN10 est également approuvé.
Les études et travaux de requalification de la RN10, engagés dans le cadre de l’actuel contrat de plan seront poursuivis au-delà de l’actuel contrat en s’appuyant sur les réflexions d’ores et déjà menées."
Un principe, des études, des réflexions, le tout dans un prochain contrat de plan pas encore signé... On a déjà vu des engagements plus fermes !

"Cette requalification aura pour objectif d’améliorer le cadre et les conditions de vie des riverains ainsi que la sécurité routière.
L’ambition est de faire, à terme, de la RN10 un boulevard urbain, élément essentiel de l’aménagement local, favorable au développement des transports en commun et au développement économique de proximité."
Un boulevard urbain qui dessert un centre commercial d'envergure régionale pour le développement économique de proximité ? Ils vont venir acheter leur frigo en bus avec un cabas à roulette, les clients ? Là, on commence à soupçonner qu'il n'est pas tout à fait impensable qu'on se foute un peu de nous...

"Les études nécessaires seront réalisées en distinguant les aménagements à réaliser avant et après la mise en service du prolongement autoroutier de l’A12. Une attention particulière sera apportée aux aménagements à réaliser sur cet axe dans la traversée de Trappes, où un plateau urbain est prévu par le Grand projet de Ville (G.P.V.)."
OK ! Là, c'est bon. On a compris... Les "aménagements", c'est le fameux plateau urbain de 300 mètres de long sous le bureau de Malandain... Pour le reste, on a déjà vu des calendriers prévisionnels bidons de "types-qui-veulent-pas-faire-le-truc-alors-y-font-semblant", mais là ils font fort ! C'est clair : on nous a pris pour des buses !

Aux trappistes qui ont apporté leur soutien à ce désastre annoncé, et qui n'ont pas voulu entendre les mises en garde des associations, des syndicats de cheminots et de quelques particuliers, nous disons ceci : quand, dans dix ou quinze ans, vous regarderez passer 40 ou 50 000 véhicules par jour devant vos fenêtres, à la Boissière ou ailleurs dans Trappes, sachez que si ça vous pique les yeux, ça ne sera pas seulement à cause des fumées d'échappement...

Le 6 juin 2007.




L'A12 : une autoroute écologique et de gauche...

La lettre du Conseil général qu'on distribue dans nos boîtes est, pour moitié, consacrée aux positions de l'élu communiste du canton de Trappes, Michel Espinat.
Dans l'édition de mars, on peut lire un petit article de ce dernier critiquant la politique du département UMP des Yvelines à l'égard de l'environnement. Michel Espinat y affirme que la crise écologique est une menace sérieuse, et que les mesures préconisées par le président du Conseil général au niveau local ne sont pas adaptées à la gravité de cette menace. 
Il écrit notamment :
"Je pointe cette contradiction entre votre volonté affichée de participer activement à cet effort de lutte contre le réchauffement de la planète et votre soutien inconditionnel au libéralisme générateur de déséquilibre, d'inégalité, gaspilleur de ressources, de richesses, productiviste à tout crin et qui veut privatiser les outils de production et de distribution de l'énergie. Défendre l'environnement exige de rompre avec le libéralisme."
Mais pas avec les autoroutes destinées à transporter des marchandises toujours plus nombreuses de plus en plus loin, et les salariés de plus en plus flexibles des entreprises qui les produisent et les commercialisent ? A dix centimètres à peine de cette déclaration courageuse et visionnaire, on peut en effet lire que le prolongement de l'A12 selon le tracé retenu sera satisfaisant, même s'il pose un "problème légitime et majeur aux Verriérois". Si on était taquin, on "pointerait la contradiction"...
Comme on a pu le remarquer lors du débat public sur le prolongement de l'A12, Michel Espinat et tous les élus de Saint-Quentin en Yvelines, de droite comme de gauche, ont soutenu la même option du tout routier en Ile de France. Celle du gouvernemnt UMP et du Conseil régional PS. Mais si la droite et la gauche défendent ici des politiques de transport et d'aménagement rigoureusement identiques, il faut avoir à l'esprit que la gauche dite "de gouvernement", contrairement à la droite, propose une conception sérieuse, moderne et "durable" du développement, plaçant l'Homme au centre de l'écologie... En voici quelques déclinaisons fortes que nous avons synthétisées pour vous :
  • Une "marchandisation sans limites" mais de gauche, "à visage humain" en quelque sorte, c'est possible ! C'est celle qui permet aux élus (de gauche) de la Ville nouvelle de se gargariser avec la formidable réussite économique du territoire. En termes d'implantations d'entreprises, bien entendu. Pas en termes d'emploi local... Ces entreprises sont, pour beaucoup d'entre elles, des multinationales qui surfent sur le libéralisme et la mondialisation de la précarité. Mais elles sont toutes gentilles, celles-là ! Tant qu'elles restent ici...
  • Un libéralisme de gauche, c'est possible ! C'est celui qui doit développer un peu la consommation des plus démunis sans surtout réduire celle des plus favorisés (faut quand même pas déconner !). Il en résulte un "productivisme à tout crin" de gauche, tout aussi destructeur que celui de droite, mais gentil, celui-là.
  • Des autoroutes écologiques de gauche, c'est possible ! Elles seront privées, mais gérées avec amour par des petites multinationales gentilles à visage humain. Elle ne serviront qu'à des camions propres sans fumée, et n'auront aucun effet néfaste sur le réchauffement climatique. Les marchandises transportées par ces camions seront toutes bonnes et utiles, produites par d'heureux salariés bien payés en CDI, et participeront toutes au développement durable pour le bonheur de l'humanité. Ces autoroutes, dont la nouvelle A12 fait partie, serviront l'expansion urbaine et la mobilité géographique des salariés vers de nouveaux territoires conquis à la nature hostile qui, comme les stupides et inutiles oiseaux qu'elle abrite sournoisement, est de droite. Le prolongement de l'A12, par exemple, s'inscrit dans le cadre d'une urbanisation des marges de l'Ile de France, comme le projet d'intérêt national du plateau de Saclay qui devrait apporter au moins 100 000 habitants supplémentaires d'ici quelques années.
Tout ce magnifique aménagement, du territoire et des consciences, devra produire ce que seuls les ogres mangeurs d'enfants et les simples d'esprit envisagent avec méfiance : de la croissance. De gauche et durable, bien entendu. La croissance gentille. La croissance juste. La croissance froide, sans effet de serre !
L'A12 prolongée ne réchauffera pas la planète, croyez-le !  A peine un peu le cœur des élus locaux.

Le 28 mars 2007




Les affinités électorales.

Ça sent la fin de mandat : la feuille municipale a entrepris depuis quelques temps d'œuvrer pour la postérité, en donnant à voir aux générations futures émerveillées le bilan de Guy Malandain et sa fameuse équipe (?).

En mars, c'est au tour de l'action municipale en matière d'emploi d'être passée en revue. On aurait pu penser que le sujet était du ressort de la conseillère municipale déléguée à l'emploi. C'est pourtant le maire en personne qui se charge dans son édito de faire l'inventaire de ses réussites. La confiance règne... Mais lui-même peine à démontrer qu'il n'est pas resté "les bras croisés" pendant cinq ans face au chômage. Que nous a-t-il trouvé à mettre à son actif ?

Un service d'aide aux demandeurs d'emploi ? Il existe depuis 10 ans. Merci Jacques Monquaut !

Un forum de l'emploi à Trappes ? C'est l'agglomération qui l'organise depuis plus de 10 ans... Et cette mascarade intercommunale annuelle n'intéresse plus personne depuis longtemps. Tout le monde sait qu'on n'y trouve jamais aucune véritable offre d'emploi. D'ailleurs, 1 000 visiteurs pour une agglomération de 150 000 habitants, c'est peanuts !

Un village d'entreprises en ZFU ? Cinq ans pour jeter un "ALGECO" sur la pelouse du square Thorez, et il s'en vante ? Ça n'est pas responsable...

Une clause obligatoire d'embauche dans le cadre des marchés publics ? C'est vrai qu'un texte a bien été voté il y a deux mois, "copié-collé" de ce qui s'est fait en Seine Saint-Denis il y a plusieurs années. Ça créera peut-être deux ou trois emplois dans dix ans, si la municipalité est capable de faire appliquer un jour ce qu'elle vote avec cinq ans de retard...

La méthode de communication municipale ne se renouvelle décidément pas : affirmations péremptoires, absence totale d'éléments concrets, inventions pures et simples, tout y est.

Tout ça pourrait bien faire honte à notre ville. C'est pourquoi le site "Trappes en ligne", soucieux de notre image à tous, a décidé d'aider Malandain à gonfler son bilan. Nous avons en effet relevé qu'il avait oublié de mentionner un évènement majeur et marquant de l'année 2006, un temps fort local qui a placé notre ville sur le devant de la scène médiatique : le forum "égalité et compétences" de la SNCF. Mais si ! Souvenez-vous : la SNCF avait lancé une campagne de recrutement de jeunes des "quartiers", et le premier épisode de cette action nationale s'était déroulé chez nous. Pourquoi à Trappes ? Mais parce que, comme notre maire l'écrivait si bien lui-même en février : "les relations construites lorsque j'étais Député ont été d'une grande utilité pour la Ville". Il pouvait ainsi se féliciter pudiquement de la tenue à Trappes du "premier Forum de recrutement de la SNCF auquel a bien voulu participer mon ami Louis Gallois, Président de la SNCF.

Si Guy Malandain a préféré ne pas revenir sur ce haut fait politico-médiatico-économique, c'est certainement par modestie. Ou alors, c'est que personne n'a été embauché... Ou encore : il n'est peut-être plus de bon goût de se prétendre ami de Louis Gallois, depuis que celui-ci a quitté la SNCF pour passer chez Airbus où il met en œuvre un plan social européen qui détruira plus de 10000 emplois dont 4 300 en France !

Avec le maire et ses bons amis, c'est sûr : le plein emploi est au bout du mandat !

Le 16 mars 2007.




Le bras long et les idées courtes.

Cette fois, c'est certain : Guy Malandain, se représentera aux législatives 2007. J'vous en fiche mon billet ! Il décrochera bien une investiture quelconque, on peut lui faire confiance : il a toujours une veste de rechange quelque part.

Dès le début de son édito dans la dernière feuille municipale, on sent qu'il cherche à en découdre avec Jean-Michel Fourgous, le député UMP de la circonscription :

"Les quatre élus UMP ont voté contre, ce qui ne les empêche pas de sonner à votre porte pour promettre "Monts et Merveilles" et vous tromper avec les affabulations illustrées de Monsieur le frère Député".
C'est envoyé ! Il y a un an, déjà, dans un journal socialiste élancourtois (tiens, il est socialiste, Malandain ?), il y allait de ses piques contre le squatteur de SON fauteuil à l'Assemblée nationale, et cherchait à démontrer que sa légitimité locale s'étend au-delà des limites de Trappes :

"Elancourt (...) que je connais bien pour y avoir conduit la réalisation de La Clef de Saint-Pierre, des Réaux, la démolition reconstruction de La Mare Joyette, la création des zones d'activités de la Petite Villedieu et des Côtes, l'implantation de France Miniature),(...)".
Toujours modeste, notre héritier des bâtisseurs de pyramides : Elancourt, c'est quasiment lui qui l'a façonnée ! A quel titre, au fait ? Député ? Conseiller municipal d'Elancourt ? Vice président du SAN de Saint-Quentin ou ingénieur BTP ? Quelle belle carrière locale multicarte ! On comprend qu'il ait du mal à décrocher. C'est qu'il a pris ses habitudes, après tout ce temps ! Même s'il habite loin d'ici.

A Trappes, la modestie continue à l'étouffer :
"
Bien que j'en parle rarement, toutes les relations construites lorsque j'étais Député ont été d'une grande utilité pour la Ville".
Edifiant... Toujours les réseaux, le clan, les potes... et le culte des majuscules parasites et pompeuses ! Drôle de façon d'envisager la démocratie locale républicaine ! Notre VIP condescend tout de même à accorder un peu de mérite aux services municipaux :

"Pour en arriver là, il a fallu, au-delà de la rigueur et de la compétence, l'effort de tous les services ainsi que la construction d'un partenariat basé sur la confiance avec tous les organismes, toutes les collectivités territoriales et l'Etat pour obtenir un maximum d'aide."
La répartition des tâches entre les élus et les fonctionnaires territoriaux expliquée par Guy Malandain : les services compétents et rigoureux font des efforts, et les élus ont des "relations" ! Que les partenaires de la ville aient confiance, du reste, c'est lui qui le dit, et on n'est pas obligé de la croire. On attend des preuves fiables émanant des services concernés. Si les relations étaient aussi bonnes, ça se saurait dans les Yvelines !

Pour ce qui est des exemples pris dans le budget de la ville présenté dans l'édito, Malandain utilise le même artifice pervers que tous ceux qui n'ont pas de bilan qualitatif à présenter : il présente une augmentation des dépenses comme une amélioration de la situation. J'ai fait mieux que l'autre, puisque j'ai dépensé plus ! Ce serait vrai si cette augmentation donnait lieu à une offre supérieure de services à la population. Mais là-dessus, on n'a rien. C'est qu'on est bien en peine de présenter autre chose qu'une liste de carrefours et de rangées de potelets le long des trottoirs de la ville. Il ne suffit pas de claironner tous les mois qu'on a ouvert une antenne de ceci et une maison de cela en cinq ans pour démontrer qu'on est utile, efficace, et efficient.


Le 21 février 2007.




Tintin au Congo.

Revoilà la lettre de l'ADT dans nos boîtes, distribuée en même temps que des informations municipales. Économies de portage ?

L'association de Guy Malandain, son groupuscule créé pour prendre la mairie de Trappes en 2001 a un nouvel objet : renvoyer Guy Malandain à l'Assemblée Nationale en 2007. Avec ou sans l'investiture du PS,  car au PS, il y a déjà deux candidats déclarés pour la circonscription : Safia Otokoré, et Jamal Yalaoui.

Ce dernier faisait partie de l'ADT, autrefois. Il en a disparu comme d'autres, notamment les jeunes trappistes qui avaient emboîté le pas de Malandain en 2001. Aujourd'hui, il ne reste que les fidèles, la vieille garde, un noyau dur d'élus : Khadidja Aram, Jeanine Mary, Christine Vilain, par exemple. On commence à percevoir les limites du système clientéliste... Chacune a sorti sa plus belle plume pour nous brosser un tableau flatteur de la politique municipale. Mais, ébranlé par la rupture de Jamal Yalaoui depuis un an, le maire est en permanence sur la défensive. L'enthousiasme forcé de ses rédactrices ne parvient pas à  masquer la gêne qui suinte des quatre pages de la feuille. Jamal Yalaoui et ses attaques sont partout entre les lignes, et surtout derrière le choix des "sujets" qui sont abordés : la jeunesse, la démocratie de proximité et la politique sociale, le multiculturalisme.

Pour le reste, le maire et ses amies sont fidèles à leur vieille recette stalinienne de propagande : la méthode Coué. Tout va bien ! Tout est beau ! Ceux qui disent le contraire ne sont que des calomniateurs ! Madame Aram, qui doit fumer les comptes-rendus du conseil municipal, a même cru comprendre qu'on avait une politique de la jeunesse à Trappes ! Passons... Portez plutôt une attention particulière au charabia laborieux de Jeanine Mary. Entre deux phrases embarrassées sur les comités de quartier, vous pourrez retrouver, à propos des centres sociaux, les trémolos d'un discours inaugural pour l'exposition coloniale de 1931. "J'ai pu y suivre l'évolution de familles engagées dans cette relation socialisante et de ré-apprentissage...". Ce mélange de jargon technico-merdique et de paternalisme suffisant, c'est consternant !

"L'image de la ville change, vous nous le dites tous les jours", écrit-elle. Vous le lui dites, vous, à Jeanine Mary ? Vous la rencontrez où, cette dame ? Sur le marché des Merisiers ? A la gare ? A la Poste ? Elle habite à côté de chez vous ? Non. Elle habite ailleurs qu'à Trappes. Trappes n'a pas encore assez changé pour être digne d'elle ! On y sent encore trop de ce "dynamisme" qu'évoque Christine Vilain à la page suivante, peut-être ? Trop de cette "solidarité", aussi ?

Trop de quoi, encore ?

Le 3 janvier 2007. Mais oui, au fait : bonne année !




C'est arrivé près de chez vous ? - Suite

Bon, cette fois c'est sûr : on ne connaîtra jamais les résultats des "élections" pour les comités de quartier qui se sont déroulées en novembre. La feuille municipale de décembre a évacué le problème de ce fiasco politique en admettant du bout de la plume une faible participation. On voudrait nous faire croire que la mise en place de la démocratie locale est difficile, mais les comités existent depuis des années. Les trappistes ont donc bien désavoué la tartufferie de la pseudo concertation de ces dernières années en ne participant pas au dernier scrutin.


Mais pour briller en ville, le maire compte plutôt sur son dada : le béton. Nous avons tous reçu dans notre boîte le catalogue de la nouvelle agence immobilière trappiste : "Malandain Promotion" ! On peut y contempler sur plusieurs pages les croquis du futur Trappes. Au passage, il convient de signaler aux dessinateurs que la population française en général, et celle deTrappes en particulier, est multiraciale. Il faudrait donc éviter de ne dessiner que des petits personnages blancs pour agrémenter les vues architecturales. Ça a dû échapper aux concepteurs de la plaquette. Ou alors il y a un message subliminal ? On n'ose l'imaginer...

La pierre, y'a que ça de vrai ! Que ça qui pèse à la fin d'un mandat. Le reste : l'éducation, le sport, l'emploi et le développement durable, le commerce, c'est du vent, du futile ! La population de Trappes s'appauvrit comme celle de tous les quartiers défavorisés ?  Le chômage explose à Trappes et l'emploi se raréfie à Saint-Quentin en Yvelines ? La jeunesse est en plein désarroi ? Au conseil municipal, on a la parade ultime et définitive à tous ces désagréments : la construction immobilière !

L'Observatoire des zones urbaines sensibles a rendu son rapport 2005. Il est disponible en intégral ici, et dans une version synthétique . La majeure partie de Trappes est classée en ZUS, et la ville n'échappe pas à la règle nationale : les habitants des "quartiers" vont de plus en plus mal. Les amis socialistes du maire ne se privent pas de le souligner dans leurs commentaires sur le rapport. Ses amis communistes en font autant dans les leurs. Mais ici, tout va bien ! On a Malandain et son fameux programme de rénovation urbaine !

La critique des politiques vides de sens, c'est pour les autres villes et pour le gouvernement.

Le 20 décembre 2006.





C'est arrivé près de chez vous ?

Samedi 18 novembre ont eu lieu à Trappes des élections pour le renouvellement des membres des comités de quartier. Les membres élus, ça va de soi. Parce que les comités, à Trappes, comptent au moins autant de membres non élus que de membres élus. En effet, si on enlève les membres de droit (?), les membres désignés par le maire, et les très rares votants à qui on a demandé de siéger lors du scrutin parce qu’on manquait de candidats, il ne reste plus grand monde. Il ne fallait donc pas s’attendre à une grande impertinence de la part des comités vis-à-vis des représentants municipaux. Les parlements de l'Ancien Régime devaient ressembler un peu à ça...

Mais tout de même, il faut rendre justice au maire de Trappes : la loi n’impose l’instauration de ces comités que dans les villes de plus de 80 000 habitants. Rien ne l'obligeait donc à organiser ce scrutin, même s'il en avait grand besoin dans son fameux dossier de renouvellement urbain, pour prétendre qu'on fait participer les habitants de Trappes à la prise des décisions importantes pour la ville. Et là où la constitution de comités est obligatoire, les modalités de son organisation sont laissées à l’appréciation des autorités locales.

Pourtant, la démocratie, obligatoire ou non, doit tout de même respecter quelques règles élémentaires. L’une d’elles voudrait que, quand on organise des élections, le service minimum en matière de transparence consiste à en publier rapidement les résultats. Rapidement, et pas dans un prochain numéro non déterminé de la feuille municipale mensuelle. Sinon, c'est louche ! Des langues de vipères mal intentionnées pourraient raconter qu'on s'est donné le temps de triturer des résultats dérangeants pour les rendre présentables.  Et on aurait encore droit à une cinglante mise au point du maire, du genre de celle, très pontificale,  du dernier éditorial de Trappes Aujourd'hui : "j’entends ou lis sur ce sujet des déclarations qu’il me paraît nécessaire de rectifier"... 

Pour l’instant, en ville, il ne semble pas que la démocratie locale version Malandain déchaîne les passions. On comprend les trappistes : le maire s'est plutôt montré adepte de l'autocratie et de l'opacité dans le fonctionnement du Conseil municipal depuis le début du mandat, alors personne n'attend grand-chose de ses comités. Les candidats n'avaient pas l'air de se bousculer pour participer avant le scrutin, ou alors ils tenaient à rester discrets. Mais, qui sait ? Le battage un peu désespéré de la communication municipale (et de quelques fidèles auxiliaires associatifs) sur le sujet ces dernières semaines aura peut-être eu raison des réticences des citoyens locaux. Il aura peut-être suscité des dizaines de candidatures et des votes par milliers (n'oublie pas mes petits souliers). On ne demande qu’à être étonné, et on attend avec impatience la publication des résultats de samedi dernier, avec un tableau récapitulatif du précédent scrutin. On pourra ainsi mesurer la montée de la popularité de la municipalité et l'ampleur du succès de sa politique auprès des habitants.

Le 21 novembre. 2006




Veni, vidi, VINCI !


La commission du débat public est passée, et le ministère a choisi le tracé pour le prolongement de l'A12 : ce sera le 2C'. Ne cherchez pas sur internet les réactions de la municipalité de Trappes, il n'y en a pas. Les responsables politiques qui se sont agités pour la création de cette autoroute ces derniers mois, sont dans l'ensemble plutôt discrets sur le web. A croire qu'ils peinent à comprendre ce qui va se passer et qu'ils n'osent pas avancer d'avis qu'ils auraient à contredire plus tard.

La situation est pourtant simple : tout le monde est perdant ! Montigny explose, Trappes se garde sa N10 en l'état et perd un peu plus son bois. La Verrière est saccagée et Coignières devient une ère de stationnement sur l'autoroute A12. Ajoutez à ça une pollution atmosphérique multipliée par trois, et vous avez le tableau à terme.

Les élus de Trappes voulaient un autre tracé, celui par le vallon du Pommeret. Mais le bon tracé n'existait pas. Peu importe par où elle passe, cette autoroute est une aberration. Le "progressisme" productiviste protohistorique des élus locaux de Saint-Quentin a ouvert la voie aux camions du monde entier dans le sud du département. Et les trappistes attendront en vain la "cicatrisation" de la N10 qui restera une voie rapide. Les élus locaux ont brandi l'argument des nuisances de la N10 pour rameuter leurs concitoyens, mais leur préoccupation dans le prolongement de l'A12 est ailleurs: ils pensent compenser la perte de vitesse économique de la Ville Nouvelle par la reprise du développement exogène induit par le nouvel axe. Le développement durable, c'est trop compliqué pour eux, et  ça ne rapporte rien sur un ou deux mandats ! On préfère piquer des entreprises existantes (et leurs salariés) aux autres territoires, c'est plus simple. Ca ne marche pas très bien, ça ne crée pas d'emplois, mais ça fait illusion pendant un moment. Le temps que les entreprise re-délocalisent...

Le 7 novembre 2006.




Bientôt un an !

L'an dernier, on en avait marre depuis déjà un moment des faux bilans, des faux-semblants, et des faux dévots de la République qui se conduisent à Trappes comme les Ceaucescu à Bucarest autrefois, en plus petit. Mais on se disait que la petite cuisine politique locale est faite de ça en France, et qu'on n'y pouvait rien. Et puis cette sordide histoire de bagnole, au mois d'août 2005, a été la goutte d'essence qui a mis le feu au réservoir. Dans cette ville ou les trois quarts de la population galèrent pour partir en vacance, et souvent très loin, au pays, pour voir la famille, un membre de la direction de la mairie a pris une voiture de la ville pour partir en congé et l'a détruite dans un accident à des milliers de kilomètres de Trappes.  Le maire, Guy Malandain, aurait bien voulu que l'affaire reste secrète, et il a menacé dans un courrier tous les membres du personnel de sanctions s'ils en parlaient à l'extérieur. Mais l'information a quand-même circulé.

On s'est dit que là, c'était trop, et qu'il fallait faire quelque chose pour dénoncer une gestion dont la réalité était toujours maquillée. Parce que cette histoire, ce n'est pas celle d'un dérapage (pas de jeu de mot !) ou de la faute d'un individu. C'est celle d'un système. Un système fondé sur le mépris des trappistes qui ne sont bons qu'à servir les intérêts de gens pour qui habiter à Trappes doit être une maladie honteuse, puisqu'ils vivent ailleurs. Nos écoles, si merveilleuses depuis que Jeanine Mary s'en occupe, ne sont pas encore assez bonnes pour leurs enfants. Nos squares, si bien résidentialisés dans le cadre de la rénovation urbaine ne sont pas encore assez fleuris pour eux. Nos commerces, objets d'une politique économique si pertinente, sont encore trop exotiques à leur goût. Mais nous, trappistes, si nous trouvons à redire à la politique menée par le maire et son équipe (?) c'est que nous sommes des aveugles, des ingrats ou des abrutis. La démocratie locale Malandainiste, c’est assez simple : il est fondamental que les décisions importantes pour une ville soient prises par des gens qui n'y habitent pas. Sinon ça fausse tout, vous pensez bien : c'est le bazar, le phalanstère, l'autogestion ! Mais pour choisir la couleur des toboggans sur les ères de jeux dans les squares, on a tout de même des comités de quartier... Des comités indigènes consultatifs dans une administration coloniale ?

Il faut jeter de la poudre aux yeux, faire du lourd qui se voit de loin, pour démontrer à tous dans la région (surtout au Parti socialiste...) que Guy Malandain est un homme épatant qui n’aurait jamais dû perdre SON siège de député de la 11ème circonscription des Yvelines, et qu’il doit le retrouver au plus vite ! Car notre administrateur colonial est persuadé d’avoir un destin national, et Trappes n’est pour lui qu’un tremplin. Elancourt faisait très bien l’affaire autrefois, quand il y était élu. Et Trappes pourra bien se contenter, dans deux ou trois ans, de sa fidèle première adjointe (qui n’habite pas plus ici que lui) à qui il passera la main pour se consacrer à des affaires plus "sérieuses" s'il est réélu.


Un site internet, ça nous a paru être une bonne idée pour évoquer tout ça, et toucher les trappistes ou ceux d'ailleurs qui peuvent s'intéresser à la ville. "Trappes en ligne" est né comme ça.

A propos de site, celui de la ville (l'officiel) a un peu changé. Mais il est toujours aussi peu utile : informations obsolètes et désordonnées ; absence de comptes-rendus des conseils municipaux passés et des ordres du jour des prochains ; absence totale d'interactivité et impossibilité de mener des démarches en ligne ; etc. Et en page d'accueil, on remarque avec amusement qu'un lien pointe vers la "chaîne météo" (service privé), alors que le conseil municipal a récemment pleurniché inutilement contre la fermeture d'une partie des installations trappistes de Météo France (service public).

Le 15 octobre 2006.





Rentrée politique ?

Une coûteuse communication municipale remplit nos boîtes à lettre depuis la rentrée scolaire. C'est qu'il faut briller à tout prix, se montrer à son avantage. A y regarder de près, pourtant, on perçoit le malaise entre les lignes de louanges sans nuances des réussites de l'équipe municipale.
 
La rentrée (scolaire ou politique ?) est annoncée dans Trappes Aujourd'hui comme étant tournée vers la réussite éducative. Et le maire nous annonce que "l'Education Nationale a décidé d'ouvrir de nouvelles classes pour répondre à l'augmentation des effectifs". En page 11 de la même feuille, un bémol sibyllin tempère cette déclaration triomphante : "Suite au comptage des élèves par l'inspection académique, cinq classes supplémentaires étaient ouvertes...Ainsi, pour la première fois depuis longtemps, et malgré la fermeture de 3 classes, le solde est non seulement positif, mais le nombre d'élèves progresse d'une centaine pour les écoles élémentaires, d'une soixantaine en maternelle. L'an dernier, la situation s'était déjà stabilisée." Ca va juste un peu moins mal, en somme. Et encore, on ne sait pas vraiment… On comprend mieux comment les enfant peuvent se retrouver à 22 dans un CP en zone de Réseau d'éducation prioritaire... Dans les écoles, les enseignants ne semblent d'ailleurs pas partager l'enthousiasme de la municipalité. Ils n'ont pas apprécié, notamment, la manière dont les horaires scolaires ont été modifiés sournoisement, sans concertation, au mépris de l'intérêt des enfants qui doivent supporter une coupure de deux heures au milieu de la journée..
 
Des enfants, il est justement question dans une plaquette thématique consacrée à la politique de la famille. Le thème cadre bien avec le paternalisme d'un autre temps qui suinte de toute la communication malandainiste en direction des trappistes. On revient aux vraies valeurs d'antan : celles qui ont le bon goût de l'eau pétillante du Massif Central… Mais si on lit l'édito du maire, on se demande s'il sait lui-même ce qu'il veut nous vendre : "Cette plaquette vous invite à prendre connaissance et à vous approprier ces lieux de vie et d'activités… Faites votre choix, participez ! Vous avez des besoins, vous avez des projets personnels, de voisinage… Mettez toutes les chances de votre côté. Comptez sur votre ville." Amenez vos sandwichs sur nos équipements et faites un pique-nique avec vos voisins ! Le cœur n'y est pas. C'est confus. On sent bien qu'il rame. Même le célèbre "bien cordialement", façon manuscrit, est fatigué et penche lamentablement.
 
On a aussi reçu une plaquette pour le sport et la culture. Malandain signe là encore l'édito, sans doute parce que les adjoints à la culture et au sport n'étaient pas rentrés de vacance à la date de mise sous presse. On ne va quand même pas imaginer qu'ils seraient en désaccord avec le maire…

Le vernis de la politique municipale a commencé a craqueler au printemps dernier. Trappes-en-Yvelines n'existe que sur le papier glacé des agences de communication, mais Trappes tout court, la ville "pour de vrai", vit dans ses squares et sur ses marchés. A l'approche des élections municipales, elle fait entendre de plus en plus distinctement son exigence de respect et d'action. Il faudra plus que du papier pour rassembler une population qui croit de moins en moins aux discours politiques à l'ancienne, ou même des élus de la majorité qui osent de plus en plus attaquer les dogmes malandainistes.  Les prochains conseils municipaux en apporteront certainement de nouvelles preuves.

Le 23 septembre 2006



Kamal Benmarouf nous fait fort  justement remarquer qu'il n'est pas très équitable de placer son droit de réponse sur la même page que notre billet. Nous le déplaçons donc, et lui présentons nos excuses pour cette maladresse technique.

Vous trouverez maintenant son texte ici.

Le 20 juin 2006.

L'Empire contre-attaque !
Dans la guerre que se livrent Guy Malandain et Djamal Yalaoui, le premier fait donner une charge de réservistes qui sont pour le moins inattendus. Dans les Nouvelles de Versailles de ce matin, Karim Chacal, adjoint défaillant et démissionnaire à la jeunesse, et Kamal Benmarouf, chevènementiste yvelinois, viennent à la rescousse d'un Guy Malandain secoué dans son propre donjon de la mairie.
Deux politiciens locaux d'origine maghrébine, pour réfuter les accusations de mépris envers les trappistes « colorés » lancées par un autre maghrébin contre le maire... Sacré Malandain ! Toujours les mêmes vieilles ficelles... A part ça « la politique n’est pas une question de couleur » (titre de l’article des Nouvelles)... On sent la commande à 20 kilomètres.
Ainsi, c’est K. Benmarouf qui prend le commandement de la garde personnelle de l’administrateur colonial (le terme est de lui). Pourquoi pas ? A l’automne 2005, il ne voulait pas entendre parler de lui comme candidat à quoi que ce soit, mais on a déjà vu d’autres retournements dans la vie politique trappiste. La promesse d'un strapontin électoral quelconque doit sans doute récompenser cette marque inespérée d’allégeance. « Je suis prêt à prendre mes responsabilités », déclare-t-il aux Nouvelles à propos de sa présence sur une liste aux municipales. En tout cas, on le sent inquiet à l'idée que Michel Espinat s'implique dans les élections à venir. Une idée à creuser ?
« Après bientôt trois ans d’absence, j’ai choisi de rompre le silence pour dénoncer des comportements nuisibles... », déclare Karim Chacal. Il se prend pour De Gaulle, ou quoi ? Qui, à part Malandain, lui a demandé quelque chose, du reste ? Vaniteux, il ne peut s’empêcher d’évoquer ce qu’il considère comme un haut fait politique : sa deuxième place aux cantonales de 2001. Pour l’occasion, il avait retourné sa veste, verte jusque-là, et avait rejoint le mouvement de Chevènement : les verts ne l’avaient pas suivi dans sa candidature, et il se jugeait si indispensable à la vie politique locale qu’il avait changé de parti. Ca n’était d’ailleurs pas la première fois. Un homme de convictions, Karim Chacal...
Et le grand démocrate distille ses conseils sentencieux à Yalaoui, dans un style si ampoulé qu'on croirait lire son ancien patron. Il nous habille le Djamal pour l’hiver 2OO7 : démagogue, sans morale politique, manipulateur, etc. Certains trappistes se souviennent sûrement du K. Chacal de 2001, adjoint inexistant aux travaux, permanent politique de Malandain faisant campagne à temps plein dans son local de la rue Carnot où il exerçait, à nos frais, la profession officielle d’attaché parlementaire... On se souvient aussi que sa campagne n’avait visé que les maghrébins, sur le marché des Merisiers et sur le lieu de culte du square de la Commune. Lors de l’incendie de la synagogue de Trappes, un peu plus tôt, il se présentait même à la presse comme « conseiller municipal musulman ». Pour prendre la place des méchants communistes à la mairie, aucune manipulation n’était trop grossière aux yeux du Karim Chacal candidat de cette époque là.
Une fois élu adjoint à la jeunesse, il a démontré que son agitation n’était que cuisine électoraliste, et qu'il n'avait aucune capacité. Il n’a rien fait de ce qu’il prétendait réaliser, et n'a surtout pas représenté les intérêts des jeunes trappistes au conseil. Il a disparu et a planté là les gens qui avaient cru en lui.
Aujourd’hui, il revient nous servir la soupe qu’on lit tous les mois dans Trappes Aujourd’hui : « Trappes commence à changer de visage elle devient une référence en matière d’urbanisme, d’éducation, de politique de la ville et elle le doit à une seule personne : Guy Malandain. »
Que sait-il de ce qu’on a décidé pendant trois ans au conseil municipal avec le pouvoir de vote qu’il donnait, comme un bon petit soldat (le stalinisme n’est plus l’apanage des communistes...) ? La politique de la ville à Trappes ? De l’argent de l’Etat qui, pour les trois quarts paye le fonctionnement normal de la mairie, et pour un quart saupoudre un tissus associatif exsangue et vassalisé. Pas un service nouveau à la population n’a été développé en cinq ans sur la ville, au contraire. L’éducation ? Le maire et sa politique ont plongé la ville dans un conflit permanent avec la quasi totalité des enseignants primaires. L’urbanisme ? C’est bien le problème qu’a soulevé Yalaoui : il sert ici une politique de remplacement de la population par une autre. Mais Karim Chacal habite déjà ailleurs, il ne craint rien.
On sent bien qu’il n’y a pas que Djamal Yalaoui qui nourrisse des ambitions politiques. Karim Chacal n’a peut-être pas tiré complètement les conséquences de ses ratés à Trappes... On perçoit même de la jalousie à l’encontre de celui qui pourrait bien obtenir le rôle qu’il rêvait de jouer.
Au final, la double intervention des « amis » de Malandain dans les Nouvelles montre des « parvenus » qui caricaturent comme personne la classe moyenne et l’esprit petit bourgeois bien français : ils ont une haine viscérale des communistes, une peur panique des jeunes et du mouvement, une obsession maladive de la respectabilité, des valeurs éprouvées, de l’ordre établi. Ils se rangent, comme toujours, du côté du manche. Et le manche, pour l'instant, c'est le maire en place.
Avec Yalaoui, on ne sait pas à quoi s’en tenir, c’est vrai. Mais avec ces deux-là, c'est sûr : on ne changera jamais rien.
Le 7 juin 2006.

And the winner is... London !

Wahoo ! Vous avez vu la pub pour la Zone franche urbaine de Trappes sur le site de l'agglomération  de Saint-Quentin ? Trop classe, vraiment ! Il paraît même qu'on en a fait une plaquette papier en couleurs !

Pour donner envie aux entreprises de venir, on a un peu travaillé la réalité, c'est vrai. Par exemple, la première photo, c'est celle d'un type qui joue au golf sur la base de loisirs. Pas très trappiste, mais un entrepreneur, ça joue toujours au golf, c'est normal. Ensuite, on a la photo d'un quartier tout neuf, mais qui n'est pas en ZFU. C'est pas grave, personne ne le sait. Et puis il est joli, ce quartier, avec ses petites maisons toutes neuves... Plus loin, c'est le siège d'une multinationale installée à Guyancourt qui illustre la rubrique "s'implanter à Trappes".  Ca fait rien : ça en jette ! La ZFU c'est un dispositif qui s'adresse aux petites entreprises, mais faut faire rêver l'artisan : aujourd'hui t'ouvres un grec, demain t'es Bill Gates !

Pour le texte, même stratégie : du beau, du grand, que du winner ! Extrait : "
S’installer à proximité de nombreux sièges sociaux d’entreprises : Groupe Bouygues, Nortel Networks, Waters France, Sodexho, Technocentre Renault, BMW France, etc., qui sont d’importants donneurs d’ordre." 

C'est dommage de ne pas avoir pu tabler sur les vrais atouts de Trappes, sur le dynamisme et la jeunesse de sa population, sur la qualité de l'enseignement professionnel, par exemple. Mais les jeunes et leurs profs n'en voudront pas à l'agglo ! Il savent bien que la Maison de l'Entreprise ou le Golf régional, c'est plus glamour que tous les BTS pointus du monde ! Et puis, ils sont moins photogéniques que le type avec son bob Lacoste sur un green, non ? En communication, il faut toujours avoir à l'esprit "l'avantage produit".

Et la communication, c'est un métier. Robert CADALBERT, le président de l'agglomération de Saint-Quentin en Yvelines le sait bien. Souvenez-vous : Il a quand-même fait partie de la Dream Team de politiciens franciliens qui a défendu la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2012... Il a ramené dans notre banlieue cet esprit de gagneur qui fait toute la différence, et il n'hésite pas à faire les choses en grand. Il met le paquet ! Il se pourrait même qu'il commande à Luc Besson un clip sur la ZFU de Trappes. On y verrait Giwouar Dipârdiou, Jauni Halliday, Guy Malandain, et même Catherine Deneuve qui dirait, sur une musique d'Yvette Horner : "Welcome tou zi hotel d'enterpraïze of Trappes-en-Yvelines !"

Si avec un aussi bon dossier on ne crée pas des emplois à Trappes, y'a d'quoi s'les mordre...

Le 22 mai 2006.




Une autre idée de la politique ?

En voilà, du bazar, dans la majorité de la majorité du conseil municipal de Trappes ! Cette fois, ça y est : les tensions internes s’étalent dans la presse. Djamal Yalaoui, adjoint à l’enfance, rompt la loi du silence et fait sécession. C’est dans Toutes les Nouvelles du 17 mai. A l’occasion de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, il donne une interview et annonce la création de son association Avenir Citoyen, qui prône la rupture avec la politique locale menée depuis son arrivée par Guy Malandain.

"Dans cette ville, il existe un véritable décalage entre les politiques et les gens qui y vivent. Trappes évolue, elle se bétonne, mais beaucoup d'habitants pensent que leur ville n'a pas changé malgré les promesses." Et il évoque la nécessaire prise en compte de l'éducation, de l'emploi, du logement et de la jeunesse. On ne dit pas autre chose ici depuis octobre 2005 (jusque-là on se contentait de le dire ailleurs) et on vous a assez  parlé de la fixette bétépiste de Guy le Bétonneux…

D. Yalaoui est un peu plus précis dans ses reproches à la politique de Malandain lorsqu'il déclare qu'on "veut blanchir cette ville et envoyer les gens de couleur plus loin." Blanchir la ville… Voilà bien longtemps que cette expression attribuée à Malandain circulait en ville. Il se racontait que des élus l'avaient rapportée à untel, qui l'avait répétée à tel autre… Mais personne n'était sûr de rien. Bien entendu, on disposait d'un faisceau d'indices concordants pour se faire une idée du mépris que Malandain réserve aux trappistes en général, et à certains en particulier.


On peut évoquer d'abord la pratique d'éviction systématique des "hébergés" dans la politique d'attribution de logements, instaurée dès le début du mandat pour favoriser la mixité sociale. Cette expression, "mixité sociale", ça doit être une traduction d'un terme serbo-croate entendu en Bosnie dans les années 90… La mixité sociale, c'est une négation de la démocratie locale : ça permet de considérer qu'une personne qui n'habite pas encore à Trappes, mais qui achètera ici dans plusieurs années un logement qui n'est pas encore construit, est plus trappiste qu'un pauvre qui habite ici depuis vingt ans. Une politique de mixité sociale vise à remplacer une population indésirable par une population désirée. Politique de "peuplement" (le terme fait froid dans le dos), promotions immobilières, destruction de logements sociaux reconstruits dans d'autres villes, fermetures de classes voire d'écoles, tout est bon pour la mixité. La stérilisation des autochtones est encore interdite...


Djamal Yalaoui, lui, semble se souvenir soudain qu'il a été élu à Trappes, pour agir au bénéfice de trappistes bien réels, habitant des logement sociaux qui ne sont pas encore détruits. C'est bien. Il est soutenu dans sa démarche par un autre ancien amnésique apparemment guéri du conseil municipal : Eric-charles Gomis, adjoint à la politique de la Ville. A quoi pensaient-ils, ces deux-là, quand ils se sont placés en 2001 dans l'ombre du vieux toubab, de l'administrateur colonial, du fossile d'un autre âge politique ? Croyaient-ils sincèrement que derrière l'hypocrite doucereux et mégalomane se cachait un vrai démocrate humaniste, plein d'empathie et d'amour pour l'altérité ? Croyaient-ils vraiment que Malandain allait jouer de son côté au Monopoly avec le GPV et la rénovation urbaine, et que pendant ce temps-là eux, ils allaient tranquillement répondre sur le terrain aux attentes des trappistes ? Croyaient-ils réellement qu'un arabe et un noir pouvaient exercer un pouvoir à Trappes-en-Yvelines, l'une des 7 communes de l'agglomération de Saint-Quentin en Yvelines, aux portes du Parc de la Vallée de Chevreuse ?

On a quand-même le sentiment d'un énorme gâchis, quand on mesure tout ce temps perdu à avaler des couleuvres, à faire semblant en public, à voter comme un seul homme tout ce qu'on leur apportait au Conseil municipal. Mais même tardivement, relever la tête et retrouver sa dignité ça fait toujours du bien !


On ne peut pas refaire l'Histoire, mais on refait régulièrement des élections. Djamal Yalaoui et Eric-Charles Gomis ont contribué à l'essort dans notre ville d'une véritable nuisance politique incarnée par Guy Malandain et sa suite. Ils peuvent aider à nous en débarrasser, et faire sérieusement ce qu'ils promettent : "Nous sommes là pour déranger, pour dire les choses, et le maire actuel n'imposera pas sa succession aux Trappistes".

On vous regarde...

Le 18 mai...



Au secours : Pompidou revient !

Tracer l’A12, une  autoroute "transeuropéenne camionière"* , construite et exploitée par UNE société en situation de quasi monopole**, ça n’est pas une politique de gauche ! Ca n’est d’ailleurs pas non-plus une politique de droite : des organisations de droite, des élus locaux et des habitants de droite n’en veulent pas...

C’est simplement une politique du passé.

Envisager le développement économique de l’agglomération comme l’emménagement  sur le territoire de sièges d’entreprises multinationales, leaders dans leurs catégories respectives, mais n’apportant rien à la richesse du tissus économique local ni surtout à l’emploi, ça n’est pas une politique de gauche. Ca ne semble d’ailleurs pas non plus être une politique de droite : le député UMP Fourgous la fustige, et réclame la prise en compte des PME dans le développement de SQY…

C’est simplement une politique du passé.

Ce passé dans lequel certains élus de Saint-Quentin veulent nous maintenir, c’est l’époque de Pompidou. Pour les moins de 100 ans, Pompidou a été premier ministre de De Gaulle, puis président de la République jusqu’à sa mort et l’élection de Giscard.

C’est à cette époque qu’on a développé la politique du tout routier triomphant, celle des villes nouvelles imitant les banlieues américaines en plus étriqué, et celle d’une économie reposant sur des entreprises géantes, "maquées" avec les pouvoirs publics. Ces visions "modernes", il a fallu moins de trente ans pour en revenir. Pourtant, nos élus locaux de Saint-Quentin en Yvelines les cultivent encore. Ils ne sont certes pas tout jeunes, mais l’âge n’explique quand même pas toutes les ringardises ! Il y a forcément autre chose. Mais quoi ?

* Pour croire que le prolongement de l’A12 n’a pour objectif que de délester la N10 à Trappes et La Verrière, il faut s’interdire de regarder au nord et au sud sur les cartes… Le maître d’ouvrage de l’autoroute est très discret sur le sujet du trafic routier national et international qu’il entend favoriser. Dans sa présentation du projet, on peut lire cette déclaration pleine de mystère : "Cette voie pourrait non seulement accueillir le trafic de transit, en offrant un itinéraire Nord-Sud alternatif favorisant une meilleure répartition des flux, mais aussi structurer de manière durable le territoire à différentes échelles, en cohérence avec les politiques régionales de déplacements urbains. La question du prolongement de l’autoroute A12 est posée dans ce cadre."

** Cherchez vous-même laquelle, on ne risquera pas la correctionnelle pour vous aider ! Ecrivez-nous pour savoir si vous avez bon , on vous répondra.



Tour préliminaire des législatives : Fourgous 0 – 0 Malandain.


Le match des législatives est commencé dans les boîtes à lettres : le maire de Trappes, tel le Tibéri des célèbres marionnettes de canal +, communique dans son « Trappes aujourd'hui » sur le thème « j'ai un bon bilan », Trappes change et embellit. Le député maire d'Elancourt attaque de son côté avec sa lettre grand format richement illustrée, et son programme en trois points à la Louis De Funès (dans son chef d’œuvre inoubliable, la Zizanie) : l'emploi, l'emploi et l'emploi ! C'est courageux, quand on appartient à la majorité de Villepin et Chirac... Le maire de Trappes contre-attaque avec sa ZFU, probablement la seule de France qui n'ait jamais vu la création d'un seul emploi à ce jour !

On est gâté...


Le député nous promet des jours meilleurs quand Nicolas Sarkozy aura encore plus de pouvoirs. Il faut dire qu'il est difficile d'imaginer qu'on puisse faire pire que Chirac / Villepin. Et pourtant, on y arrive… De son côté, le maire de Trappes nous sert des listes fantaisistes de supposées réalisations de son équipe (?) en toute occasion. Si on a une gare à Trappes, on la doit à Malandain ! Pareil pour l’eau, le gaz et l’électricité ! Avant, on était à l’âge des cavernes et on suçait des cailloux pour tromper la faim !

Tout se déroule comme si ces deux-là allaient s'affronter au cours des prochaines législatives. On se souvient pourtant que Malandain jurait en 2002 vouloir se consacrer à Trappes uniquement. Et c'est  peut-être bien « grâce » à lui, d’ailleurs, que Catherine Tasca a perdu son siège de députée aux dernières élections... Avec un autre suppléant, plus authentique, elle aurait sûrement mieux rassemblé à gauche. Surtout à Bois d'Arcy !

On reviendra sur le « bilan » de l’équipe (?) Malandain dans la rubrique Infos prochainement.
A bientôt.



Blues de l'A12.

On peut constater un consensus politique très large, à Trappes et dans les environs immédiats, toutes tendances confondues, sur le prolongement de l'autoroute A12 : sans cette nouvelle autoroute, pas moyen de régler le problème de la N10 qui coupe la ville en deux, plombe la circulation entre le nord et le sud de la ville, a causé la mort de plusieurs personnes ces dernières décennies, et occasionne une pollution qui dépasse la limite du tolérable.

Autrement dit : le seul moyen de faire cesser les nuisances de cette quasi autoroute, c'est de construire une autoroute à part entière, ailleurs. Deux kilomètres plus loin. Et tout ira bien. Pour tout le monde. C'est tellement simple que ça en paraît presque débile !


Si on habite Trappes, on essaie bien sûr de croire au bien fondé de la théorie parce qu'on souffre des nuisances de la N10 chaque jour.


On peut presque y arriver si on fait abstraction de quelques détails.

  • La sécurité des nouveaux riverains de la future A12, d'abord. Ceux qui seront présents au moment de la mise en service, mais aussi tous ceux qui s'installeront à proximité, avec l'urbanisation induite, favorisée et permise par les déclassements de sites actuellement protégés. Un peu comme nous qui nous sommes installés, autrefois, le long de la N10.
  • La pollution, ensuite. Il est difficile de croire longtemps que l'augmentation du trafic qui résultera autour de Trappes de l'appel provoqué par cet axe transeuropéen sera sans conséquence sur la ville. On ne parle pas de la planète en général, bien entendu.
  • La destruction immédiate d'un environnement de qualité dans les zones boisées et rurales traversées, dont le bois de Trappes.

Alors, on se dit que la nouvelle autoroute passera ailleurs, chez les autres. Ils sont moins nombreux, donc le mal sera moindre. Il y aura sûrement moins de tués, c'est mathématique. Et puis ils sont riches et de droite, dans les zones visées par le tracé, alors ça leur fera les pieds.

Mais on ne peut pas s'empêcher de continuer à se poser des questions :

  • La N10, qu'est-ce qu'elle deviendra quand il y aura l'A12 ? Et si ils nous la laissaient là ? On aurait l'air malin à Trappes, avec notre plateau urbain de 300 mètres de long entre le vieux cimetière et le pont Cachin, et la 10 de chaque côté, comme avant...
  • Et le bois de Trappes ? On ira comment ? C'est déjà pas facile aujourd'hui... De toute façon, qu'est-ce qu'il en restera ? Et, après tout, ces zones qu'on va abîmer, un peu plus loin, ça n'est pas un peu aussi chez nous ?
  • Mais, pourquoi on aurait besoin de nouvelles autoroutes, au fait ? Pour de nouveaux kilomètres de voitures au pas, contenant une personne chacune, deux fois par jour dans chaque sens ? Pour aller se garer à Paris dans des couloirs de bus ? Pour transporter par camion d'Espagne au Danemark des tomates qui seront mises en boîtes et renvoyées en Espagne, toujours par camion, avec en plus des boîtes de crevettes pêchées au Maroc qui arrivent de Rotterdam ? Pour financer de grands travaux qui, en retour, permettront le financement de campagnes électorales ?
  • Les transports en commun du Conseil régional de gauche, ils sont où ? Pourquoi on n'a pas plus de trains et de RER qu'avant ? C'est trop cher ? Et les bus en sites propres dans la ville nouvelle, c'est pas possible ?

Etant donné leur âge moyen, il y a peu de chance - hélas pour eux – que les élus locaux qui soutiennent le projet A12 en voient les conséquences. Pour les autres, plus jeunes, ou qui ont des enfants, un peu de réflexion prospective ne peut pas faire de mal. Nous vous proposons un site web, très partial mais sérieusement fait, pour mieux comprendre et mesurer les enjeux du dossier A12. En attendant une information publique consistante de la part des partisans du prolongement de l'A12, et pas seulement des manifestations dominicales avec écharpes tricolores dans le vent...

Suivez le lien : www.a12non.org



Trappes : une ville de droite comme les autres ?

L’encyclopédie du gargarisme, la « voix de son maître en couleur », la « Pravda du Sud Yvelinois », ancêtre et modèle du « Trappes Aujourd'hui » sort son numéro de décembre : le Petit Quentin n° 204 est dans nos boîtes !

On y trouve un dossier sur la politique de la ville. Celle-ci occupe « une place prioritaire » dans le projet communautaire, selon R. Cadalbert, le président de la communauté d'agglomération. Il suffit de comparer le budget de la politique de la ville à celui de la communication, et on voit très vite ce que veut dire priorité pour le président !

Et tout un dossier spécial nous vante les mérites de la politique urbaine, du GPV, de la solidarité, etc. Omissions, déformations, amplifications, tout l’arsenal de la propagande est sorti. Exemples : 
  • le quartier Montfort – Thorez, pris en photo pour illustrer le renouveau de Trappes, est un projet qui date d'avant le GPV de 1999 ;
  • la MJD est menacée de disparition après 2006 ;
  • la ZFU de Trappes n'existe pas dans les faits ;
  • le programme de réussite éducative de Trappes (comme les autres) est financé avec de l'argent qu'on a enlevé aux associations (lire l'appel qu'elles ont lancé en octobre 2005) ;
  • les habitants sont associés à des groupes de suivi qui discutent d'un projet qui est bouclé depuis longtemps au centime et au m² près ;
  • "500 jeunes en difficulté bénéficieront d'un suivi individualisé" dans le cadre de la réussite éducative, alors que la ville n'assure même pas un service élémentaire d'animation sportive en dehors du temps scolaire pour les enfants d’âge primaire...
Le gargarisme est là, à chaque ligne ou presque.
Du bitume, des parpaings et des grilles, c’est tout ce qu’on aura. Le reste est imaginaire.
Mais le plus frappant de tout ça, c'est que Malandain, Cadalbert et Sellincourt font l'éloge des politiques de droite mises en place depuis 2001 par les gouvernements UMP successifs, sans aucune nuance. C'est dans le cadre de ces politiques qu'ils ont passé des contrats avec l'Etat, pour mettre en pratique localement la volonté de l'Etat, avec surtout de l'argent de l'Etat. Le GPV Trappes / La Verrière et la communauté d’agglomération de Saint Quentin en Yvelines sont parmi les bons élèves de ces programmes UMP.

Dans deux ans, c’est sûr, l'agglomération passe à droite pour de bon !


Jésus laïque ou Malandain clérical ?

L'exposition sur la laïcité à l'Hôtel de Ville sera démontée le 9 décembre, juste à temps pour laisser la place à la préparation des "Fééries de Noël", au cours desquelles on pourra rencontrer les Rois Mages...

Ceci ne se produira pas à la mairie de Lourdes ou à celle de Lisieux, mais à celle de Trappes. C'est décrit en page d'accueil du site de la mairie. Il y aura aussi une patinoire. On ne dit pas si la glace sera faite avec de l'eau bénite... Remarquez, il y a une logique : après le bal du 14 juillet sur la place de l'église, la féérie de Noël sur celle de la mairie, c'est cohérent !

Vous me direz : mauvaise foi d'anarchiste grincheux ! Noël, ça fait partie de la culture française, ça n'est plus religieux... C'est juste une fête, ça amuse tous les enfants... D'ailleurs, y'aura aussi des marionnettes, et puis les associations qui vendront des gâteaux...

Dans le Petit Robert, pourtant, je lis à la définition de Noël : Fête que les chrétiens célèbrent, en commémoration de la naissance du Christ. Dans le Petit Larousse : Fête de la nativité du Christ. C'est pas religieux, ça ?


Mais rien ne dit, c'est vrai, que le maire réserve un traitement de faveur au christianisme. Alors, tous à vos calendriers religieux respectifs ! Proposez au conseil municipal des animations de rue sur la place de la République pour les mois qui viennent !

On verra qui est de mauvaise foi...



On ne peut pas tout avoir...


Il est beaucoup question dans la presse et à la télévision, depuis quelques semaines, des politiques publiques menées dans les « banlieues » : politique de soutien (ou non) aux associations ; politique de renouvellement urbain ; politique de la ville ; politique de développement économique et de l'emploi; politique de la jeunesse, etc.

C'est le moment de chercher à mieux connaître ce qui se fait chez nous en la matière, et les élus qui sont en charge des ces thématiques de la politique municipale.

Concernant le renouvellement urbain, pas de doute : c'est le domaine réservé du maire. Lisez Trappes Aujourd'hui et vous apprendrez que c'est lui qui défend les dossiers et ramène les subventions pharaoniques qui permettront de refaire la ville et de résoudre tous ses problèmes.

A quoi sert le maire adjoint à l'urbanisme, alors ?


Qu'en est-il de la politique de la ville et du soutien aux associations ? On ne sait pas trop, mais il est clair que les deux élus présentés sur le trombinoscope du web municipal (un maire adjoint à la politique de la ville et une conseillère déléguée aux relations avec les associations) ne sont pas particulièrement actifs en ville...

Des « hommes de paille » ?


Pour assurer un développement économique créateur d'emplois trappistes, la ville s'est dotée, il y a trois ans, d'une zone franche urbaine (ZFU). Ce dispositif favorise l'implantation d'entreprises en offrant aux candidates des dégrèvements de charges importants. En contrepartie, celles-ci doivent respecter un quota d'embauches locales. Où sont les entreprises ? Au mieux, sur le papier ! En trois ans, rien n'a été entrepris, et les hypothétiques constructions de locaux d'activités présentées dans la presse municipale ne pourront être livrées avant plusieurs années (rien n'est commencé). Qui porte ce dossier ? En théorie, si on regarde la composition du conseil municipal, c'est la conseillère déléguée à l'emploi, au commerce et au développement économique. La même qui, sans doute, s'attelle à redynamiser les friches commerciales du quartier Jaurès (boutiques fermées depuis des années, vitrines abandonnées menaçant ruines, commerces de bouche transformés progressivement en locaux tertiaires), ou à régler le sérieux problème de la fermeture d'Intermarché. Ah, non ! Ca, c'est un dossier pour super Malandain en personne ! L'homme qui murmure à l'oreille des patrons !

Une délégation qui compte pour du beurre ?

La politique municipale de la jeunesse, on ne voit pas très bien non plus ce que ça peut être, mais ça relève encore de l'apanage du maire. L'autre soir, on a célébré les jeunes diplômés à l'Hôtel de Ville. Le lendemain dans la presse locale : discours du maire, photo du maire, et à peine un mot sur la maire adjointe chargée de la jeunesse.

Mais en est-elle vraiment chargée ?


On pourrait ici évoquer aussi le cas du sport, des finances, de la culture, ou des vice présidences à l'agglomération, mais on ne va pas non-plus fâcher tout le monde d'un seul coup !

Pour le prochain mandat, on peut proposer au maire de se faire cloner, afin d'occuper lui-même tous les fauteuils du conseil (opposition comprise) sans avoir à bricoler les alliances machiavéliques - voire contre nature - qui ont fait sa réputation, et sans être obligé de passer son temps à surveiller ou faire taire tout son petit monde. Mais en contrepartie, il n'aurait droit qu'à une seule indemnité d'élu !

On ne peut pas tout avoir...





La République des vieux cons.

Oh, joie ! Oh honneur suprême et inespéré ! Sa magnificence nous gratifie d'un de ces brillants éditoriaux qui ont fait la réputation internationale de « Trappes Aujourd'hui » : on commémore le centenaire de la séparation des églises et de l'Etat dans la presse municipale, et Sa Grandeur Très Républicaine prend la plume.

Le souffle épique d'un péplum en Technicolor, le lyrisme échevelé d'un discours de sénateur de la IIIème République, tout y est : c’est du bon, c'est du Grand Malandain !

Sans rire, la laïcité, c’est un sujet actuel et important. On vous épargne ici les perles stylistiques rares d'un texte que vous pouvez vous procurer dans toutes les bonnes mairies de Trappes ! On aurait pu espérer, alors que les relations entre communautés sont en question chez nous en ce moment, quelque chose de plus en phase avec la vie des trappistes. On aurait pu espérer aussi un peu plus de « modestie culturelle ». Un peu moins de paternalisme et de suffisance en somme.

Monsieur le maire peut en effet donner des leçons d’égalité femmes – hommes dans son papier (mais à qui, d’ailleurs ?) : il évolue depuis trente ans dans des partis et des institutions qui n’ont pas donné une place digne aux femmes. Aux jeunes non plus. Pas plus qu'aux noirs… Ou aux maghrébins…

La « loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat », est signée du président de la République de l’époque, et de plusieurs ministres, dont celui des colonies. Des colonies !?! On les oubliait, celles-là. Eh oui : les radicaux au pouvoir en 1905, les « héritiers des Lumières » étaient impérialistes et colonialistes ! Des racistes ordinaires pour l'époque, quoi !

Les lumières en 1905, on les braque en pleine gueule des populations soumises, au Maroc, entre autres, comme dans le reste du monde. Et elles ne vont pas tarder, ces lumières de 1905, à éclairer quelques années plus tard le Chemin des Dames et les plateaux de la Somme. Là, pour le coup, noirs, maghrébins, gaulois, tout le monde a eu le même traitement ! Ou presque... Mais il vaut mieux éviter les sujets qui fâchent, et se concentrer sur ce qui nous rassemble ! Il suffit de le trouver, ce qui nous rassemble, nous et notre maire...

Les références historiques, c'est toujours un peu hasardeux ! Pour éviter le pire, le mieux c'est de considérer l'histoire comme un flux, un mouvement. Pas comme un musée des concepts fossilisés. On peut se gargariser tant qu’on veut avec des mots supposés graves. Ce n’est pas avec ça que les gens se sentiront français et adhéreront à un projet. Entre les révisionnistes de la bande de Sarkozy qui veulent abroger la loi de 1905 pour passer des pactes douteux, et ceux qui, comme le maire de Trappes font de la République une chouette poussiéreuse dans la boutique d’un taxidermiste, on est mal parti pour donner des perspectives aux jeunes de notre ville.

Et ils en ont besoin.





SO-LEN-NEL-LE-MENT ! ! !
Sot, l’âne, et il ment !

En réponse aux évènements récemment survenus dans notre ville, le Maire de Trappes, Guy Malandain a tenu à s’adresser à la population par la voie des Nouvelles de Versailles.

Il s’adresse à nous, comme à son habitude sur un ton ampoulé, pompeux et totalement décalé et inadapté à la situation, qu’il ne comprend manifestement pas.

Mais trêve de polémique, tel n’est pas notre objectif, nous nous contenterons d’un simple commentaire de texte, exercice fascinant sur les productions de notre Empereur...  heu Maire...  pardon !

« Je demande solennellement à ces jeunes de cesser ces violences inutiles. »

OUAH ! Ca jette !
Edouard Balladur doit être vert de rage ! : « Je vous demande de vous arrêter », c’était bien, c’était dynamique, volontaire, autoritaire, charismatique,….
Mais cela manquait cruellement de solennité !
Non, y’a pas, « Je vous demande solennellement » ça en jette, ça fait……Ca fait quoi au fait ?

Bon, bien-sûr, « solennellement » est un mot que nous connaissons, nous voyons ce que cela veut dire. Mais pourquoi l’ utiliser en la circonstance ?
Alors, pour en avoir le cœur net, pour être sûr ne pas passer à côté du sens profond du message, nous avons consulté le dictionnaire et voilà quelques extraits de ce que nous a confié le Petit Robert :

« Solennellement » :
D’une manière solennelle, en grande pompe. Ministre qui inaugure solennellement un musée.
Le moins que l’on puisse dire c’est que cela n’a rien à voir avec les circonstances qui nous occupent !
Publiquement, dans les formes. « il dévidait solennellement des phrases filandreuses et sèches » (Balzac)
Là, on s’y retrouve un peu plus !

« Solennel, elle » :
Dans les définitions de ce mot, on retrouve régulièrement les notions de célébration avec pompe, d’apparat, de grandes occasions.
Et cette citation de Michelet : « le pays des orateurs, celui de la pompeuse et solennelle éloquence »
Le dictionnaire nous donne également quelques synonymes :
Air, ton solennel : affecté, cérémonieux, grave, emphathique, pompeux, pontifiant, sentencieux.
Personne solennelle, grave et un peu guindée.

Maintenant on comprend mieux. Etre solennel, c’est vraiment un style : ampoulé (et sans mauvais jeu de mots, être ampoulé, par les temps qui courent, cela peut être dangereux), pompeux et sentencieux !

Au bout du compte, qu’avons-nous face à la situation que connaissent actuellement notre ville et notre pays ?

A droite : un Ministre de l’Intérieur démagogue et opportuniste qui utilise un vocabulaire populaire à outrance pour mettre de l’huile sur le feu.

A gauche (façon de parler, bien-sûr) : un Maire, élu local, censé être proche de la population, qui s'adresse à nous en établissant une distance propore à le rendre supérieur.

Que l’on ne s’y trompe pas : ceci ne doit pas être interprété comme un signe de respect à notre encontre. Bien au contraire, c’est une démonstration supplémentaire de la méconnaissance de la population trappiste, à laquelle il s’adresse à nouveau comme un Administrateur colonial, ainsi que l’ont qualifié ses (anciens ?) amis politiques chevénementistes, dans un communiqué de presse récent.


Ah quel homme ! Quel homme, ce Guy Malandain !




Trappes change...


Nous entrons en période préélectorale.

 
Les trappistes qui sortent un peu de chez eux peuvent encore se souvenir de la campagne précédente au cours de laquelle on a vu le maire actuel et son équipe mouiller la chemise sur les marchés, dans les squares, au prêche du vendredi et dans les journaux locaux.

On revoit encore des employés municipaux rebelles distribuer dans les boîtes-à-lettres des tracts rageurs contre le maire en place. Pas de "devoir de réserve" qui tienne, quand il s'agit de faire voter Malandain : on y lisait que le méchant maire Monquaut avait traité sans ménagement, dans un couloir de la mairie, une secrétaire du cabinet des élus. On en reparlera ici...

Promesses d'emploi, de logement, de contrats, ont fusé dans tous les sens. Mais aussi promesses de crèche pour les bébés, de « café musique » pour les jeunes, de régies de quartier pour les habitants, de chantiers d'insertion pour les Rmistes, de conseil municipal des jeunes. Promesse, encore, qu'on ne démolirait aucun logement à Trappes. Et même : promesse que le Centre Islamique de Saint Quentin en Yvelines (CISQY) serait construit avec des fonds publics, ceux de la Direction régionale de la Culture.

Depuis, on a eu l'occasion de mesurer, surtout dans les Merisiers et dans la Plaine de Neauphle (hors du bastion choyé de Sand-Pergaud-Verlaine), le poids de la parole des candidats. Une fois élu, le bâtisseur de mosquée est devenu le Chevalier Blanc de la laïcité. Les jeunes désoeuvrés ont regagné les cages d'escalier, et si les bébés veulent une nouvelle crèche, ils devront se la construire avec leurs pelles et leurs sceaux. Des logements sociaux seront détruits. Pas un emploi d'insertion n'a été créé en quatre ans.

Trappes change...

Certains colistiers du maire ont déchanté avec les électeurs. Tel bouillonnant coiffeur, qui devait booster la ville et en faire une banlieue-qui-gagne en insufflant dans les quartiers l'esprit d'entreprise... a disparu. Sans démissionner, mais sans se faire représenter au Conseil municipal. Tel autre, qui se présentait comme « l'extra balle » des cantonales de 2001, puis comme le « poil à gratter du Conseil municipal » dont il était adjoint à la jeunesse... a fait pareil. Un autre est parti habiter à Elancourt, où personne ne doit lui demander ce qu'il fait pour les jeunes de Trappes. Et l'équipe cosmopolite, se voulant proche des jeunes, a laissé le champ à un carré (une paire ?) de politiciens âgés, pas trop prêts à endosser les promesses qu'ils ont fait relayer par les autres.  La nouvelle indemnité fraîchement votée pour les conseillers municipaux délégués devrait aider à adoucir les amertumes.

Puisque, dans le cycle de la politique locale, nous revoilà au temps des promesses, on peut toujours en redemander et refaire tourner les girouettes dans tous les sens. On peut demander « audience » à Monsieur le Maire, ou courtiser son cabinet pour "gratter" quelque chose.

On sait maintenant que ça ne sert à rien. Il y a mieux à faire. Trappes peut changer...